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L’isolement sanitaire, quotidien des communautés groenlandaises

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Dans les hameaux reculés du Groenland, l’accès aux soins constitue un défi permanent. L’éloignement géographique et les lacunes structurelles du système de santé exposent les populations à des risques accrus.

À Kapisillit, un village d’une trentaine d’habitants situé à plusieurs heures de bateau de la capitale Nuuk, l’absence d’équipements médicaux de base illustre les difficultés rencontrées. La responsable locale évoque notamment le besoin crucial d’un défibrillateur, un appareil dont la présence pourrait s’avérer vitale en cas d’urgence cardiaque. Dans ces zones isolées, où le transport vers un hôpital régional prend un temps considérable, chaque minute compte.

Le système de santé, bien que gratuit et géré par l’autorité autonome groenlandaise, peine à assurer une couverture uniforme sur l’immense territoire. Les infrastructures existantes, dont cinq hôpitaux régionaux, sont concentrées dans les agglomérations principales. Pour les résidents des localités éloignées, consulter un médecin ou bénéficier d’un suivi régulier relève souvent d’un parcours complexe et coûteux. Le cabinet médical de Kapisillit, par exemple, reste inoccupé depuis des mois en l’absence de praticien.

Cette situation a des conséquences directes sur la santé publique. Les retards dans le diagnostic, notamment pour des pathologies graves comme le cancer, sont fréquents. L’espérance de vie au Groenland demeure inférieure à celle du Danemark, avec un écart d’environ une décennie. Les personnes âgées, qui représentent une part importante de la population dans ces villages touchés par l’exode rural, sont particulièrement vulnérables.

Les obstacles sont multiples. Le recrutement et la rétention du personnel soignant, majoritairement danois, constituent un défi persistant. La maîtrise de la langue danoise est une condition d’exercice, ce qui limite le recours à des professionnels étrangers. Par ailleurs, certains soins, comme les interventions dentaires, ne sont que partiellement pris en charge, et leur accessibilité reste limitée, avec parfois seulement une visite annuelle d’un dentiste itinérant.

Les autorités groenlandaises reconnaissent ces lacunes, pointant des retards d’investissement et des difficultés structurelles. La ministre de la Santé a récemment évoqué la nécessité de réduire les inégalités d’accès aux soins et de renforcer les capacités locales, tout en soulignant l’existence d’une collaboration étroite avec le Danemark. Pour les habitants des communautés isolées, ces efforts ne peuvent aboutir trop vite, face à un quotidien où la prévention et les soins immédiats relèvent encore trop souvent de la débrouille individuelle.

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