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L’Iran franchit un seuil alarmant avec plus de mille exécutions depuis janvier

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Le bilan des condamnations à mort en République islamique atteint un niveau inédit cette année, selon les estimations d’une organisation de défense des droits humains, qui dénonce une accélération des pendaisons à des fins politiques.

Les prisons iraniennes ont connu une augmentation significative des mises à mort depuis le début de l’année. L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a recensé au moins mille exécutions depuis janvier, un chiffre qui dépasse déjà le total enregistré pour l’ensemble de l’année précédente. Ce niveau est le plus élevé observé depuis le début du suivi systématique par l’organisation en 2008.

La dernière semaine a été particulièrement marquée par une accélération des pendaisons, avec soixante-quatre exécutions recensées, soit une moyenne de neuf par jour. Ces chiffres resteraient sous-évalués en raison du manque de transparence des autorités judiciaires et pénitentiaires iraniennes. Selon le directeur de l’ONG, Mahmood Amiry-Moghaddam, le régime a engagé ces derniers mois une campagne de répression pénale d’une ampleur croissante, en l’absence de réactions internationales suffisantes.

Les organisations de défense des droits humains pointent une utilisation systématique de la peine capitale comme instrument de pression politique, notamment dans un contexte de tensions internes et régionales. Parmi les personnes exécutées cette année, dix ont été condamnées pour espionnage au profit d’Israël, la majorité après le début des hostilités entre les deux pays. Des cas emblématiques, comme celui de Babak Shahbazi, exécuté en septembre après une procédure jugée inéquitable, illustrent les manquements aux standards judiciaires internationaux.

Si Téhéran affirme réserver la peine de mort aux crimes les plus graves, l’ONG conteste cette assertion. Près de la moitié des exécutions recensées concerneraient des infractions liées aux stupéfiants, qui ne relèvent pas des crimes capitaux au regard du droit international. Vingt-huit femmes figurent également parmi les personnes exécutées, souvent condamnées pour le meurtre d’un conjoint violent ou dans le cadre de mariages forcés.

La communauté internationale est appelée à renforcer son attention sur cette question, alors que le président iranien doit participer cette semaine à l’Assemblée générale des Nations unies. Pour les défenseurs des droits humains, tout dialogue avec Téhéran devrait intégrer la question des exécutions, qualifiées par certains observateurs de crimes contre l’humanité lorsqu’elles interviennent en l’absence de procès équitables.

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