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L’interpellation de Kobili Traoré dans une nouvelle affaire ravive l’exigence d’un procès pour le meurtre de Sarah Halimi

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La mise en cause de l’individu déclaré pénalement irresponsable du meurtre de la sexagénaire en 2017, dans une récente séquestration, suscite une vive réaction de la famille de la victime, qui espère une réouverture du dossier.

Kobili Traoré a été interpellé vendredi dernier avec deux autres suspects dans le cadre d’une enquête pour enlèvement, séquestration et vol avec arme. Le parquet de Paris a requis leur mise en examen et leur placement en détention provisoire. Selon les éléments du ministère public, les trois hommes se seraient introduits fin janvier chez une personne leur fournissant habituellement des stupéfiants, avec laquelle l’un d’eux était en conflit financier. La victime aurait été aspergée de gaz lacrymogène, violentée, puis attachée sur une chaise tandis que ses agresseurs présumés dérobaient des objets de valeur.

Cette arrestation a immédiatement relancé le débat autour du meurtre de Sarah Halimi, commis il y a près de neuf ans. Kobili Traoré avait été reconnu pénalement irresponsable de ce crime antisémite en raison d’une bouffée délirante aiguë liée à une forte consommation de cannabis, une décision confirmée par la Cour de cassation en avril 2021. L’absence de procès avait provoqué une profonde émotion et de nombreuses manifestations.

La famille de Sarah Halimi a exprimé par l’intermédiaire de son avocat sa « stupéfaction et son effarement » face à cette nouvelle interpellation. Elle s’indigne notamment qu’une permission de sortie ait pu être accordée à Kobili Traoré, alors qu’il faisait l’objet d’une hospitalisation sous contrainte, lui permettant ainsi d’être impliqué dans des faits d’une particulière violence. Pour la défense, ces événements récents démontreraient, selon elle, la nécessité impérieuse de rouvrir le dossier du meurtre. L’avocat de la famille affirme que des éléments nouveaux, actuellement réservés à l’instruction, seront produits dans les prochaines semaines. Il avance que ces pièces contesteraient la thèse de l’abolition du discernement retenue initialement.

L’un des arguments soulevés repose sur un récent examen psychiatrique effectué lors de la garde à vue de Kobili Traoré. Celui-ci aurait attesté que l’individu ne présentait aucun symptôme aigu, syndrome délirant ou désorganisation. Cette observation est présentée comme un élément complémentaire susceptible de remettre en cause l’expertise psychiatrique ayant conduit à l’irresponsabilité pénale dans l’affaire Halimi.

La défense de Kobili Traoré rejette fermement toute tentative de lien entre les deux dossiers. Son avocat dénonce une comparaison avec l’affaire Epstein, qualifiée de « populisme judiciaire éhonté ». Il affirme que son client n’a jamais invoqué l’abolition de son discernement dans la nouvelle affaire et estime qu’aucun élément nouveau ne saurait justifier une relecture de faits définitivement tranchés par la plus haute juridiction. Le débat judiciaire et sociétal autour de cette affaire emblématique semble donc loin d’être clos.

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