Économie
L’impasse budgétaire s’éternise à l’Assemblée nationale

Le gouvernement multiplie les approches pour débloquer l’examen des finances publiques, face à une majorité éclatée et des alliances imprévisibles.
La discussion du projet de loi de finances se poursuit dans un climat de fortes incertitudes parlementaires. Le Premier ministre Sébastien Lecornu reconnaît la complexité des négociations, évoquant la nécessité d’adopter une méthode différente et une progression par étapes successives. Les récentes séances ont confirmé les divisions persistantes entre les groupes politiques, rendant hypothétique la formation d’une majorité stable sur le texte gouvernemental.
L’adoption d’un amendement transformant l’IFI en « impôt sur la fortune improductive », porté par une coalition rassemblant des élus du MoDem, du PS et du Rassemblement national, a illustré la difficulté à construire des compromis durables. Cette mesure, votée contre l’avis de l’exécutif, démontre la volatilité des majorités dans l’hémicycle. Le chef du gouvernement a souligné que l’évolution des mentalités parlementaires prenait plus de temps que prévu.
Face à cette situation, l’exécutif propose désormais des discussions informelles avec les rapporteurs budgétaires, en marge des débats publics. Cette approche parallèle vise à dégager des convergences sur les principes fondamentaux du texte. Le Premier ministre a indiqué qu’en l’absence de majorité absolue, il devait accepter une stratégie progressive, reportant l’échéance décisive à la seconde lecture du projet.
Des concessions ont été annoncées concernant le budget de la Sécurité sociale, avec un assouplissement des contraintes hospitalières, le rétablissement de l’indexation des pensions et la revalorisation des minima sociaux. Pour équilibrer ces mesures, une augmentation de la CSG sur les patrimoines est à l’étude. Ces propositions sont accueillies avec prudence par l’opposition, certains y voyant des avancées réelles, d’autres des manœuvres tactiques.
La menace d’une motion de censure plane toujours sur les débats, plusieurs groupes ayant exprimé leur refus de voter le budget en l’état. Dans les couloirs de l’Assemblée, de nombreux élus considèrent désormais comme probable le recours à une procédure exceptionnelle pour faire adopter les dispositions financières, que ce soit par ordonnances, loi spéciale ou article 49.3 de la Constitution. La semaine s’annonce déterminante pour l’avenir du texte et la stabilité gouvernementale.

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