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L’homme de glace serbe, une quête de paix dans le froid extrême

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Un archéologue serbe a fait de la méditation en milieu glacé une pratique quotidienne. Il explique sa démarche, à la croisée du défi physique et de la recherche d’équilibre intérieur.

Marcher durant des heures en short sur des sommets enneigés ou s’immerger dans un lac gelé relève, pour la plupart des gens, de l’exploit inconcevable. Pour Vladimir Stevanovic, il s’agit d’une discipline régulière, presque ordinaire. Cet homme de 41 ans arpente depuis quinze ans les paysages hivernaux de Serbie, vêtu d’un simple short, transformant l’affrontement avec les éléments en une routine censée renforcer son bien-être physique et mental.

Sur les pentes du mont Besna Kobila, dans le sud du pays, il avance dans une épaisse couche de neige. Il affirme pouvoir rester jusqu’à quinze minutes dans une eau glaciale et a déjà effectué des randonnées de sept heures par des températures atteignant moins dix degrés. Sa pratique, qu’il documente sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Srpski ledeni covek » – l’homme de glace serbe –, lui a valu une certaine audience. Il insiste cependant sur le fait qu’il ne recherche ni la célébrité ni les records.

Son approche puise son inspiration initiale dans les traditions ascétiques de moines tibétains, mais sa motivation actuelle est plus pragmatique. Il décrit une recherche de concentration et d’apaisement, obtenue par le choc sensoriel provoqué par le froid intense. Cette immersion, selon lui, permet d’évacuer toute pensée parasite et constitue un outil efficace pour maîtriser le stress quotidien. Adepte des arts martiaux, il considère cette discipline comme un complément à son entraînement.

La pratique des bains glacés, popularisée à l’échelle mondiale par des figures comme le Néerlandais Wim Hof, suscite un intérêt croissant pour ses prétendus bienfaits. Si certaines études scientifiques en explorent les mécanismes, comme l’influence sur le système immunitaire ou la gestion de la douleur, la communauté médicale appelle à la prudence. Les risques, notamment pour les personnes atteintes de pathologies cardiovasculaires, sont réels et les pratiques extrêmes ne doivent pas être entreprises sans préparation.

Vladimir Stevanovic lui-même met en garde contre toute imitation impulsive. Il recommande une acclimatation progressive, décrivant la sensation initiale de l’eau froide comme désagréable mais rapidement suivie d’une profonde détente. Pour lui, cette expérience, au-delà de la simple résistance physique, est avant tout un chemin vers une forme de paix intérieure, trouvée au cœur même de l’hiver serbe.

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