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Société

L’hiver en maillot, la résistance douce des nageurs pékinois

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Chaque année, malgré les températures négatives, des habitants de la capitale chinoise perpétuent une tradition singulière, la baignade hivernale, érigée en rituel de bien-être et de connexion avec la nature.

Un vent glacial traverse ce jour-là la ville de Pékin, où le mercure affiche plusieurs degrés sous zéro. Cet environnement n’effraie pourtant pas Yang Zi. Le sexagénaire, vêtu d’un simple maillot, s’élance dans les eaux du lac Shichahai avec une sérénité déconcertante. Pour lui comme pour de nombreux autres adeptes, cette immersion constitue bien plus qu’un défi personnel. Il s’agit d’une pratique ancrée, une manière privilégiée de se ressourcer au contact des éléments.

Le site naturel, situé au cœur de la métropole, attire une communauté fidèle, principalement composée de retraités. Une tendance qui évolue cependant, voyant désormais des personnes plus jeunes, attentives à leur condition physique, rejoindre ses rives. Zhang Xin, quadragénaire, compte parmi ces nouveaux venus. Il évoque une santé fragile par le passé, marquée par des affections récurrentes, et attribue à cette discipline une résistance accrue. Sa séance, brève et intense, se limite à quelques longueurs avant de regagner la berge, une prudence de rigueur face à ce qu’il décrit comme une activité aux limites du sport extrême.

Non loin de lui, Gu Yueping profite d’une interruption dans son service de conducteur d’autobus pour s’adonner à ce rituel. Il décrit la sensation du contact avec l’eau froide en des termes évoquant une thérapie manuelle ou un soin énergétique. Selon son témoignage, cette pratique régulière a considérablement atténué les gênes physiques liées à sa posture professionnelle, transformant son quotidien. L’accoutumance progressive joue un rôle clé, permettant au corps de s’adapter à ce choc thermique initial, rapidement suivi, assurent les pratiquants, par une sensation durable de vitalité.

Les habitués les plus anciens notent une évolution des conditions climatiques au fil des ans, avec des hivers perçus comme moins rigoureux qu’auparavant. Cette observation n’entame en rien la régularité des rendez-vous. Sur place, les rituels post-baignade varient. Certains procèdent à un rinçage à l’eau tempérée, tandis que d’autres optent pour une course légère afin de réactiver la circulation. Au-delà de l’aspect physique, cette pratique semble cultiver un état d’esprit particulier, une forme de résilience tranquille et de communion avec un environnement urbain pourtant frénétique.

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