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L’exil forcé d’une ONG face à la pression autoritaire au Salvador

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Cristosal, organisation de défense des droits humains, annonce la suspension de ses activités dans le pays après des années de combat contre la corruption, évoquant une répression croissante.

L’organisation Cristosal, l’une des principales voix critiques du gouvernement salvadorien, a annoncé jeudi qu’elle cessait ses opérations sur le territoire national après un quart de siècle d’engagement. La décision fait suite à une série de mesures répressives, dont l’arrestation d’une de ses avocates et l’adoption d’une loi restrictive sur les financements étrangers.

Fondée par des évêques anglicans, cette ONG s’est illustrée par son travail d’enquête sur des affaires de corruption et son soutien aux familles de migrants vénézuéliens incarcérés dans une prison de haute sécurité. Dans un communiqué, elle dénonce un climat de « harcèlement, espionnage et diffamation », l’obligeant à transférer ses activités au Guatemala et au Honduras pour protéger ses membres.

L’arrestation en mai de Ruth Lopez, responsable de l’unité anti-corruption de Cristosal, accusée de détournement de fonds – des charges qu’elle conteste –, a marqué un tournant. Amnesty International a qualifié son incarcération d’acte de répression politique, dénonçant une manœuvre destinée à intimider les défenseurs des droits humains. Parallèlement, l’entrée en vigueur d’une loi imposant une taxe de 30 % sur les financements étrangers a porté un coup supplémentaire aux associations indépendantes.

Cette législation, comparée à celles en vigueur en Russie et au Nicaragua, vise selon Cristosal à « censurer et punir les organisations critiques ». L’ONG souligne que le Salvador « n’est plus un État de droit », où toute revendication de transparence peut désormais mener à des poursuites judiciaires.

La situation reflète un durcissement du pouvoir sous la présidence de Nayib Bukele, réélu en 2024 grâce à sa lutte contre les gangs. Si cette politique a réduit la criminalité, elle s’accompagne d’un régime d’exception autorisant des arrestations arbitraires, dénoncé par les observateurs internationaux. Plusieurs figures de l’opposition, dont des journalistes et des militants, ont été arrêtées ou contraintes à l’exil ces derniers mois, illustrant une restriction croissante des libertés fondamentales.

Cristosal rejoint ainsi la liste des organisations et médias indépendants poussés à quitter le pays, dans un contexte où la dissidence devient de plus en plus risquée.

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