Monde
L’Europe face à ses responsabilités à Munich
_**La 62e Conférence sur la sécurité s’ouvre dans un contexte de défiance transatlantique et d’exigences américaines accrues envers les alliés européens.**_
Les dirigeants européens se retrouvent à Munich pour un sommet décisif, placé sous le double signe des attentes pressantes de Washington et des menaces persistantes à l’est du continent. Cette réunion annuelle, qui rassemble plus de soixante chefs d’État et de gouvernement ainsi qu’une centaine de ministres, se tient dans une atmosphère de vigilance particulière. L’ombre du discours critique de l’administration Trump l’an passé plane encore sur les discussions.
La délégation américaine, conduite cette année par le secrétaire d’État Marco Rubio, est attendue avec une attention soutenue. Les capitales européennes espèrent un ton moins conflictuel que celui employé précédemment, sans pour autant anticiper un relâchement des demandes américaines. L’allié d’outre-Atlantique réclame une autonomie stratégique et des efforts de défense plus substantiels de la part des Européens.
L’agenda des travaux est chargé. Les participants aborderont la dégradation de l’architecture internationale, les défis de la dissuasion nucléaire, le conflit en Ukraine et l’expansion des menaces hybrides. La question de l’engagement européen en matière de sécurité collective sera au cœur des échanges, alors que les États-Unis réévaluent leur posture globale.
La présence annoncée du président ukrainien Volodymyr Zelensky ajoutera une dimension opérationnelle aux débats. Parallèlement, la visite récente de l’ancien vice-président américain JD Vance dans le Caucase, perçue comme un signe d’ingérence, a ravivé les tensions diplomatiques. L’épisode concernant le Groenland, évoqué l’an dernier, reste également dans les mémoires comme un point de friction.
Les observateurs notent un décalage croissant entre les visions stratégiques des deux rives de l’Atlantique. La dernière doctrine de sécurité nationale américaine, marquée par un langage direct envers les Européens, en est une illustration. Dans ce cadre, les interventions du chancelier allemand Friedrich Merz et du président français Emmanuel Macron, figures majeures de cette édition, seront scrutées pour déceler une réponse européenne coordonnée.
L’enjeu fondamental de ce rendez-vous réside dans la capacité des Européens à formuler une position commune et à définir des actions concrètes. Il s’agit moins de diagnostiquer les crises que de proposer des trajectoires pour y faire face, dans un environnement international de plus en plus fragmenté et compétitif.
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