Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’Europe climatique à la croisée des chemins

Article

le

Alors que les échéances internationales approchent, l’Union européenne peine à s’accorder sur ses objectifs de réduction des émissions pour 2035 et 2040, exposant ses divisions internes et ses défis stratégiques.

Les Vingt-Sept tentent de dégager in extremis une position commune sur leurs engagements climatiques à moyen terme. Les ministres de l’Environnement se sont réunis jeudi à Bruxelles pour négocier un texte a minima, afin de ne pas apparaître divisés lors de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine prochaine, puis à la COP30 de Belém en novembre.

Un projet de déclaration d’intention est sur la table, proposant une fourchette indicative de réduction des émissions de gaz à effet de serre entre 66,3 % et 72,5 % d’ici 2035 par rapport à 1990. Cette approche intermédiaire, portée par la présidence danoise du Conseil de l’UE, vise à maintenir une forme de crédibilité internationale tout en reportant l’adoption d’un objectif précis pour 2040.

Les désaccords restent profonds. Certains États, comme le Danemark, la Suède ou l’Espagne, soutiennent l’ambition affichée par la Commission européenne, qui propose une baisse de 90 % des émissions d’ici 2040. D’autres, à l’image de la Hongrie ou de la République tchèque, s’y opposent au nom de la protection de leurs industries. La France et l’Allemagne adoptent une posture attentiste, réclamant des garanties sur le financement de la transition et des mécanismes commerciaux protecteurs.

Cette paralysie intervient dans un contexte politique marqué par la poussée des forces sceptiques face aux politiques environnementales contraignantes. Les récentes élections européennes ont en effet modifié les équilibres, incitant plusieurs capitales à la prudence. La Commission a tenté d’apaiser les tensions en proposant début juillet des assouplissements, notamment via l’intégration de crédits carbone internationaux, sans parvenir à emporter l’adhésion.

Dans les coulisses, diplomates et experts s’inquiètent de l’affaiblissement du leadership climatique européen. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, devra pourtant défendre prochainement à New York les ambitions de l’Union, tandis que les feux de forêt et les records d’émissions rappellent l’urgence d’une action coordonnée. Sans accord clair, l’Europe risque de perdre en influence sur la scène internationale, alors que les attentes restent élevées à l’approche de la COP30.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus