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L’Europe au pied du mur climatique avant la COP30

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À quelques jours de la conférence internationale sur le climat au Brésil, les Vingt-Sept tentent de trouver un terrain d’entente sur leurs engagements environnementaux pour 2035 et 2040, sous peine de perdre toute crédibilité sur la scène mondiale.

Les capitales européennes s’activent pour éviter un revers diplomatique à l’approche de la conférence des Nations unies sur le climat. Les ministres de l’Environnement des Vingt-Sept doivent impérativement s’accorder sur des objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La perspective de se présenter sans feuille de route claire à Belém constituerait un grave camouflet pour l’influence internationale de l’Union européenne.

Les négociations, qui pourraient se prolonger tard dans la nuit, portent sur deux échéances cruciales. Pour 2035, les États membres doivent adopter à l’unanimité un objectif de réduction des émissions, tandis que la loi climat pour 2040 requiert une majorité qualifiée. Le dossier climatique, relégué au second plan ces derniers mois face aux préoccupations géopolitiques et économiques, retrouve une actualité brûlante.

L’objectif proposé par la Commission européenne d’une diminution de 90 % des émissions d’ici 2040 par rapport à 1990 cristallise les tensions. Cet engagement impliquerait des transformations structurelles profondes dans les secteurs industriels et les modes de vie. Si l’Espagne, les pays nordiques et l’Allemagne sous certaines conditions soutiennent cette ambition, plusieurs nations d’Europe centrale et orientale y opposent une résistance farouche, craignant des conséquences économiques délétères.

La France, dont la position est scrutée avec attention, a multiplié les exigences jusqu’aux ultimes moments des discussions. Paris réclame notamment des garanties concernant la place du nucléaire, le financement des technologies vertes et la mise en place de mécanismes de sauvegarde face à l’incertitude entourant les puits de carbone naturels.

Pour parvenir à un consensus, les négociateurs explorent diverses flexibilités. L’éventualité d’inclure des crédits carbone internationaux dans le calcul des réductions d’émissions fait l’objet de vifs débats. Certains États souhaitent également instaurer des clauses de révision périodique des objectifs. Ces aménagements suscitent la méfiance des organisations environnementales, qui dénoncent un affaiblissement des ambitions climatiques européennes.

Malgré ces divergences, des sources diplomatiques indiquent une lente convergence vers un compromis. Les capitales semblent conscientes de la nécessité de préserver le leadership environnemental de l’Union, qui se présente comme le premier financeur mondial de la lutte contre le changement climatique. Reste à savoir si cette prise de conscience collective permettra de surmonter les réticences nationales à quelques jours d’un rendez-vous international déterminant pour l’avenir de la planète.

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