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L’étau carcéral de Nanterre
Au cœur de l’Île-de-France, le centre pénitentiaire de Nanterre illustre avec une acuité saisissante les conséquences d’une surpopulation endémique. Une visite parlementaire a permis de constater des conditions de vie qui interrogent les fondements mêmes de l’institution.
Conçu pour deux personnes, un espace de onze mètres carrés en héberge aujourd’hui cinq. L’atmosphère y est confinée, l’air rarement renouvelé. Les lits superposés côtoient un matelas posé à même le sol, tandis qu’une table exiguë doit suffire aux repas. Dans d’autres cellules, des détenus dorment à proximité immédiate de sanitaires peu dissimulés, dans un froid que certains tentent de combattre en laissant une plaque de cuisson allumée en permanence.
L’établissement, ouvert au début des années 1990, affiche un taux d’occupation qui dépasse régulièrement les deux cents pour cent. Cette promiscuité extrême rend toute vie privée impossible et transforme le temps en une succession de journées monotones, entrecoupées seulement de quelques heures de promenade ou de parloirs. Les tensions, latentes, peuvent éclater à tout moment, dans un environnement où le moindre objet devient un enjeu.
L’insalubrité s’ajoute à l’entassement. Malgré des travaux récents pour colmater les brèches, des traces d’infiltrations et d’humidité sont visibles. Si la présence de rongeurs semble désormais contenue, d’autres nuisibles persistent, témoignant de la difficulté à maintenir des locaux salubres face à une telle densité humaine.
Cette situation pèse lourdement sur le personnel pénitentiaire. L’absentéisme atteint des niveaux significatifs, reflet d’un épuisement professionnel profond. Les agents, dont le dévouement est pourtant régulièrement souligné, peinent à assurer leurs missions fondamentales, qu’il s’agisse du maintien de l’ordre, du suivi individuel ou de l’organisation des activités. Le manque de moyens humains se fait cruellement sentir, notamment au sein des services chargés de la préparation à la réinsertion, dont les effectifs sont insuffisants pour assurer un accompagnement personnalisé.
Les conséquences de cette saturation sont multiples. Elles compromettent la sécurité à l’intérieur des murs, mais aussi, à plus long terme, l’objectif de réinsertion. Comment préparer un retour à la vie libre dans un tel contexte ? La question, posée par les élus comme par les professionnels, reste sans réponse opérationnelle. L’administration reconnaît elle-même son incapacité à remplir simultanément toutes les missions qui lui sont confiées, entre sanction, protection de la société et prévention de la récidive.
Le cas de Nanterre n’est pas isolé, mais il condense avec une particulière intensité les dysfonctionnements d’un système pénitentiaire sous tension. Il met en lumière l’écart entre les principes affichés et la réalité quotidienne vécue par des milliers de personnes, détenus comme personnels, dans un silence qui n’est que rarement rompu.
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