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Économie

Les terres agricoles sous les eaux, une menace pour les récoltes

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Les précipitations exceptionnelles qui ont touché l’ouest de la France laissent derrière elles des exploitations dévastées et des cultures compromises, posant la question cruciale de la résilience du secteur face à des aléas climatiques de plus en plus marqués.

Dans la baie du Mont-Saint-Michel, un maraîcher arpente son champ de carottes transformé en étendue d’eau stagnante. La perspective de sauver une partie de sa production semble s’éloigner à mesure que les jours passent, une situation qui se répète sur de nombreuses parcelles de la région. Les sols, saturés d’humidité, sont devenus impraticables pour les machines, contraignant certains producteurs à des récoltes manuelles désespérées pour limiter les pertes.

Plus au sud, en Nouvelle-Aquitaine, les inquiétudes sont similaires. Les vergers et les cultures maraîchères subissent les conséquences de cette asphyxie par l’eau, certaines espèces, comme les kiwis, y étant particulièrement vulnérables. Les dégâts matériels sont également considérables, avec des serres endommagées par le vent, laissant les plants sans protection face à un éventuel retour du froid. Pour les éleveurs, la montée des eaux dans les prairies et les bâtiments d’élevage complique les conditions de vie des animaux et menace les périodes de mise bas.

Les organisations professionnelles dressent un premier bilan alarmant, évoquant une part significative de la production de légumes d’hiver potentiellement perdue. Au-delà de l’impact immédiat, ces épisodes perturbent le calendrier agricole, entraînant des retards dans les semis et semant le doute sur la capacité à maintenir les rendements. Les experts rappellent que le changement climatique pourrait amplifier la fréquence et l’intensité de ces phénomènes extrêmes, alternant sécheresses et précipitations diluviennes.

La question des soutiens financiers se pose avec acuité dans les exploitations sinistrées. La majorité des agriculteurs touchés ne bénéficient pas de couverture assurantielle pour ce type de sinistre, faisant reposer leurs espoirs sur la reconnaissance officielle de l’état de calamité agricole. Les pouvoirs publics ont annoncé le déclenchement de ce dispositif, mais son déploiement concret et son ampleur restent subordonnés à une évaluation précise des dommages, qui ne pourra intervenir qu’après la décrue. Cette attente place de nombreuses exploitations dans une situation de grande incertitude quant à leur avenir.

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