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Économie

Les syndicats agricoles présentent leurs exigences aux présidents du Parlement

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Alors que des centaines d’agriculteurs manifestent à Paris, les représentants de la profession ont été reçus au Palais Bourbon et au Sénat pour exposer leurs revendications, centrées sur une simplification administrative immédiate et un rejet des accords commerciaux internationaux.

Les responsables des principaux syndicats agricoles ont été entendus jeudi par les présidents des deux chambres du Parlement. Cette série d’entretiens intervient dans un contexte de mobilisation soutenue de la profession, avec des rassemblements aux abords des institutions parisiennes et des convois de tracteurs présents dans la capitale. Les organisations syndicales y ont exprimé un profond sentiment d’exaspération, réclamant des actes concrets et rapides de la part des pouvoirs publics.

À l’issue de sa rencontre avec la présidente de l’Assemblée nationale, le président de la FNSEA a insisté sur la nécessité d’une réponse législative spécifique. Il a demandé qu’un créneau parlementaire soit réservé dès le printemps pour examiner une proposition de loi destinée à apporter des solutions tangibles aux difficultés du secteur. Il a également appelé les députés à voter le projet de budget de l’État, dont certaines dispositions sont attendues par les viticulteurs, et à accélérer la publication des décrets d’application de lois agricoles déjà votées.

De son côté, la Coordination rurale a formulé des demandes plus immédiates. Le syndicat réclame notamment la suspension de tous les contrôles administratifs et environnementaux jusqu’à la prochaine élection présidentielle, une mesure présentée comme facile à mettre en œuvre sans délai. Cette condition est présentée comme préalable à toute levée des actions de protestation. Parmi ses autres revendications figurent la suppression de certaines agences publiques et un assouplissement des règles sanitaires concernant l’élevage bovin.

Les deux organisations s’opposent unanimement à la ratification de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont le vote est attendu à Bruxelles. La FNSEA a annoncé qu’elle organiserait un rassemblement devant le Parlement européen de Strasbourg si cet accord venait à être signé. La position définitive de la France sur ce dossier, qui devrait être négative selon plusieurs ministres, reste à confirmer.

Malgré les annonces gouvernementales récentes et les multiples consultations engagées, les agriculteurs estiment que leurs préoccupations de fond ne sont pas prises en compte. Leurs demandes historiques portent sur un allègement significatif des normes, en particulier d’origine européenne, qu’ils jugent sources de lourdeurs administratives et de distorsions de concurrence. La ministre de l’Agriculture a pour sa part affirmé avoir obtenu des avancées cette semaine, tout en reconnaissant que certaines mesures dépendent du vote du budget ou de décisions communautaires.

Les manifestations se sont déroulées dans un cadre strictement encadré par les forces de l’ordre, après l’interdiction de rassemblements aux abords des principaux sites institutionnels parisiens. Les autorités ont fait état de plusieurs interpellations et immobilisations de véhicules en région parisienne, mais aucune arrestation n’a été signalée dans Paris intra-muros. Le gouvernement a maintenu une double posture, appelant au dialogue tout en rappelant son attachement au respect de l’ordre public face à des actions jugées illégales.

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