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Les manchots de l’Antarctique accélèrent leur calendrier de reproduction

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Une étude scientifique révèle que les oiseaux marins de la région polaire modifient leurs cycles de nidification à un rythme sans précédent, une adaptation directe aux bouleversements environnementaux.

Les manchots de l’Antarctique ajustent leur période de reproduction avec une rapidité exceptionnelle. Cette évolution comportementale, documentée par une équipe internationale, constitue l’une des réponses les plus rapides jamais observées chez un vertébré face aux modifications de son milieu. Les chercheurs ont analysé une décennie de données, de 2012 à 2022, en s’appuyant sur des images capturées par des caméras automatiques surveillant plusieurs dizaines de colonies.

Les résultats montrent un décalage significatif des dates de nidification. L’espèce la plus affectée, le manchot papou, a avancé sa saison de reproduction de treize jours en moyenne, avec des écarts pouvant atteindre trois semaines dans certaines zones. Les manchots Adélie et à jugulaire ont, quant à eux, décalé leur cycle d’environ dix jours sur la même période. Ces changements s’opèrent dans un contexte où l’Antarctique connaît un réchauffement particulièrement marqué, avec des températures annuelles ayant atteint des niveaux historiques.

Les mécanismes précis de cette adaptation varient selon les espèces. Pour le manchot Adélie, la fonte plus précoce de la banquise, terrain de chasse privilégié, semble être un facteur déterminant. Le manchot à jugulaire serait, lui, influencé par des transformations dans la production primaire des océans, affectant la disponibilité de ses proies. Ces ajustements modifient en profondeur la dynamique entre les trois espèces, qui cohabitaient auparavant grâce à des périodes de reproduction légèrement décalées, limitant ainsi la compétition pour la nourriture et les sites de nidification.

Cette nouvelle donne crée des disparités. Le manchot papou, plus flexible dans son régime alimentaire et mieux adapté à des conditions moins extrêmes, voit déjà ses effectifs augmenter. À l’inverse, les manchots Adélie et à jugulaire, dont la survie dépend étroitement de ressources spécifiques comme le krill ou de conditions de glace particulières, sont en déclin. Cette divergence illustre la notion de « gagnants et de perdants » face au dérèglement climatique.

La capacité de ces oiseaux à maintenir un succès reproducteur élevé malgré ces bouleversements reste une question ouverte. Les scientifiques poursuivent leurs observations pour déterminer si cette adaptation rapide se traduira par une pérennité des populations à long terme. Considérés comme des sentinelles des écosystèmes polaires, les manchots offrent un indicateur précieux des transformations à l’œuvre, dont les implications dépassent les seules régions glacées du globe.

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