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Les Irakiens appelés aux urnes pour renouveler leur Assemblée nationale

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Ce scrutin législatif s’annonce comme un exercice de continuité politique, sous le regard attentif des puissances régionales et d’une population sceptique quant à sa capacité à transformer le quotidien.

Les électeurs irakiens se rendent aux bureaux de vote pour désigner leurs nouveaux représentants au Parlement. Ce processus électoral intervient dans un contexte de stabilité relative, après des années de conflits et d’instabilité qui ont marqué le pays depuis la chute de l’ancien régime. Les observateurs s’attendent cependant à une redistribution limitée des forces politiques en présence.

Le pays demeure confronté à des défis structurels majeurs, entre infrastructures défaillantes, services publics insuffisants et persistance de la corruption. De nombreux citoyens expriment leur défiance envers un système perçu comme profitant principalement aux élites politiques et aux influences étrangères, sans impact tangible sur les conditions de vie de la population.

Plus de vingt-et-un millions d’électeurs sont appelés à choisir parmi sept mille sept cents candidats pour pourvoir les trois cent vingt-neuf sièges de l’Assemblée. Le système électoral prévoit un quota minimum d’un quart des sièges réservés aux femmes, tandis que neuf places sont attribuées aux représentants des minorités. La législation en vigueur semble toutefois avantager les formations politiques établies au détriment des candidatures indépendantes, qui ne sont que soixante-quinze en lice.

La question de l’abstention préoccupe les analystes, après le taux de participation historiquement bas enregistré lors du précédent scrutin. Les électeurs déplorent souvent l’absence de renouvellement dans la classe politique et l’impression d’un processus répétitif sans réelle alternative.

La configuration politique issue de ce vote déterminera la nomination aux plus hautes fonctions de l’État, selon des équilibres confessionnels et ethniques bien établis. Le poste de Premier ministre revient traditionnellement à la communauté chiite, tandis que la présidence de la République est attribuée à un candidat kurde et la direction du Parlement à un sunnite.

L’actuel chef du gouvernement, Mohamed Chia al-Soudani, brigue un nouveau mandat en s’appuyant sur son bilan en matière de stabilité et de reconstruction. Son arrivée au pouvoir en 2022 résultait déjà du soutien d’une coalition de partis chiites maintenus en lien avec Téhéran.

L’absence notable du leader chiite Moqtada Sadr, qui a appelé au boycott d’un scrutin qu’il juge biaisé, modifie les rapports de force habituels. Dans le camp sunnite, l’ancien président du Parlement Mohamed al-Halbousi apparaît comme le favori, tandis qu’au Kurdistan, la compétition se poursuit entre les formations historiques de la région.

Ce scrutin revêt une dimension géopolitique particulière, l’Irak cherchant à préserver son équilibre délicat entre l’Iran et les États-Unis. Téhéran, dont l’influence régionale a récemment connu des revers, surveille attentivement l’évolution politique de son voisin. Washington maintient pour sa part une pression constante pour limiter l’emprise des factions pro-iraniennes, dans un contexte où près de deux mille cinq cents soldats américains stationnent encore sur le territoire irakien.

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