Monde
Les gardiens de la mémoire dans le parc de la Comoé
Plus de six décennies après la disparition de Raphaël Matta, pionnier de la protection de la faune, une nouvelle génération de forestiers perpétue son héritage face au braconnage et aux menaces sécuritaires.
Au cœur de la savane ivoirienne, une pierre tombale perdue sous les frondaisons rappelle le sacrifice d’un homme dont le nom demeure indissociable du parc national de la Comoé. Raphaël Matta, garde français tombé sous les flèches de braconniers en 1959, incarne toujours l’engagement absolu pour la préservation de ce sanctuaire naturel. Aujourd’hui, les agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves, épaulés par d’anciens militaires européens, marchent dans ses pas pour protéger ce territoire convoité.
Le lieutenant Daouda Bamba dirige l’unité mobile qui sillonne quotidiennement la brousse. Il évoque avec respect celui que les communautés locales nomment encore « le père fondateur » de la réserve. Le défunt, décrit dans une biographie préfacée par Romain Gary comme un « maître de la brousse », avait voué son existence à sauvegarder les éléphants et la biodiversité du parc. Son destin tragique, survenu dans des circonstances jamais totalement élucidées, continue d’imprégner les mémoires.
Le parc de la Comoé, jadis réputé pour la richesse de sa faune, a subi de plein fouet les conséquences de la crise politico-militaire des années 2000. Le braconnage intensif et l’orpaillage clandestin ont mis à mal cet écosystème unique, qui peine encore à retrouver son équilibre originel. Face à ces périls, les gardes forestiers déploient une vigilance de tous les instants, dans un environnement où la menace jihadiste voisine avec les trafics illicites.
Parmi ces sentinelles figure Raynald Gilon, ancien parachutiste belge arrivé en Côte d’Ivoire en 1975. Ce quasi-octogénaire au tempérament bien trempé se présente comme « l’autre Blanc du parc ». Pendant près d’un demi-siècle, il a traqué les braconniers, formé des centaines de gardes et sillonné la réserve sans relâche. Son franc-parler et ses méthodes expéditives lui ont valu le surnom de « terreur des braconniers ». Aujourd’hui retraité, il dirige un établissement hôtelier à Kafolo, tout en gardant un œil sur le territoire qu’il connaît intimement.
La transmission de cet héritage demeure essentielle pour les nouvelles générations de protecteurs de la nature. Les récits de Matta observant les animaux depuis son mirador, ou de Gilon et ses pisteurs parcourant des dizaines de kilomètres par jour, nourrissent la légende de ces hommes qui ont choisi de vivre au service de la wilderness africaine. Leur combat, mêlant courage physique et patience stratégique, illustre la complexité de la conservation dans des zones frontalières sensibles.
Malgré les défis sécuritaires et la raréfaction du tourisme, la détermination des gardes reste intacte. Le parc de la Comoé, avec ses paysages de savane et ses populations animales en reconstitution, symbolise autant les espoirs de renaissance écologique que la persistance des menaces. L’engagement de ces veilleurs solitaires, héritiers discrets d’une vision exigeante de la protection de la nature, continue d’écrire l’histoire de ce territoire d’exception.
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