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Économie

Les Cyclades face à l’assaut du béton

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L’archipel grec, célèbre pour ses paysages immaculés, est confronté à une frénésie de constructions de luxe qui menace son identité et son environnement. Les élus locaux tirent la sonnette d’alarme face à une expansion immobilière qu’ils jugent incontrôlée.

Sur l’île de Milos, un chantier d’envergure entaille la roche volcanique. Ce projet d’extension d’un hôtel haut de gamme, aujourd’hui suspendu par la justice, symbolise les tensions qui traversent l’ensemble des Cyclades. Le maire de la commune dénonce une atteinte à l’intégrité d’un site géologique unique. Ce cas n’est pas isolé. De Santorin à Paros, l’archipel est saisi par une vague de projets immobiliers et hôteliers, portée par une fréquentation touristique record.

Plusieurs édiles des Cyclades et du Dodécanèse ont récemment adopté une résolution commune pour alerter sur les risques de cette course à la construction. Ils estiment que l’existence même de leurs îles est en péril, transformées selon eux en simples terrains à bâtir pour des résidences luxueuses. Le tourisme, pilier essentiel de l’économie nationale, se muerait ainsi en un phénomène prédateur, éloigné des traditions locales.

Les chiffres illustrent cette accélération. Rien qu’à Milos, une quarantaine de projets hôteliers seraient en cours d’étude. Les permis de construire se multiplient à un rythme soutenu sur l’ensemble des îles, souvent dans le cadre de procédures accélérées dites « d’investissement stratégique ». Des experts pointent les failles d’une réglementation peu contraignante et des contrôles parfois défaillants, laissant le champ libre à des aménagements qui s’affranchissent de l’architecture traditionnelle cycladique.

Cette mutation profonde du territoire suscite des inquiétudes au sein des populations. Si l’activité touristique constitue une manne financière vitale pour des îles au tissu économique limité, ses excès sont de plus en plus critiqués. Des habitants évoquent une dégradation de leur qualité de vie, marquée par la pénurie de logements accessibles, la pression sur les ressources en eau et la saturation des infrastructures. Certains redoutent que leurs îles ne perdent leur âme au profit d’un développement purement mercantile.

Les signes d’essoufflement commencent d’ailleurs à apparaître. Des destinations emblématiques comme Santorin ont enregistré une baisse de leur fréquentation lors de la dernière saison estivale, un phénomène que les professionnels du secteur observent avec attention. La question se pose désormais ouvertement. Jusqu’où peut aller le développement touristique sans altérer définitivement les paysages et l’équilibre social qui font la renommée de ces îles ? La recherche d’un modèle plus durable semble devenir une nécessité impérieuse pour l’avenir de l’archipel.

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