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Les Aborigènes en quête de sauvegarde pour leur art millénaire face à l’industrie

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Une délégation autochtone a porté à Paris la défense de Murujuga, sanctuaire rupestre récemment classé par l’Unesco, menacé par les activités minières.

La reconnaissance internationale est venue couronner des années de combat. Le site de Murujuga, situé dans la péninsule de Burrup en Australie-Occidentale, a intégré ce vendredi la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce sanctuaire abrite près d’un million de pétroglyphes, témoignages artistiques et spirituels vieux de plusieurs dizaines de millénaires. Une consécration qui n’a pas dissipé les inquiétudes des gardiens traditionnels de ces lieux sacrés.

Trois représentants du peuple Mardudhunera se sont rendus au siège parisien de l’organisation onusienne pour alerter sur les périls environnementaux pesant sur ce patrimoine. L’expansion industrielle dans la région du Pilbara, riche en ressources minières, expose les gravures rupestres à des émissions polluantes susceptibles d’altérer irrémédiablement ces œuvres fragiles. Des études scientifiques ont documenté les effets corrosifs des oxydes d’azote et de soufre sur les pigments minéraux des pétroglyphes.

Le dossier cristallise depuis des années les tensions entre défenseurs du patrimoine culturel et opérateurs économiques. Woodside Energy, principal exploitant du complexe gazier North West Shelf, affirme avoir mis en place des dispositifs de surveillance et de réduction des émissions. Pourtant, la décision récente des autorités australiennes d’autoriser la prolongation des activités industrielles jusqu’en 2070 a suscité de vives critiques parmi les communautés autochtones.

L’inscription à l’Unesco, bien qu’accueillie avec satisfaction par les parties prenantes, ne résout pas à elle seule la quadrature du cercle entre préservation culturelle et développement économique. Un compromis a été trouvé avec l’engagement de l’Australie à produire un rapport d’évaluation d’ici 2026 sur l’impact des activités industrielles. Pour les descendants des premiers habitants du continent, cette reconnaissance mondiale représente autant une victoire symbolique qu’un levier supplémentaire dans leur lutte pour la protection de leur héritage ancestral.

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