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Les Aborigènes en quête de sauvegarde pour leur art millénaire

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À peine classé au patrimoine mondial, le site de Murujuga suscite des inquiétudes face aux pressions industrielles.

Une délégation aborigène s’est rendue au siège de l’Unesco à Paris pour alerter sur les menaces pesant sur les pétroglyphes de Murujuga, en Australie-Occidentale. Inscrit vendredi dernier au patrimoine mondial, ce site exceptionnel abrite près d’un million de gravures rupestres, certaines remontant à plus de 50 000 ans. Les représentants du peuple Mardudhunera ont profité de la 47e session du Comité du patrimoine mondial pour interpeller la communauté internationale sur les risques encourus par ce trésor culturel.

La région de Murujuga, située dans la péninsule de Burrup, est au cœur d’un conflit entre préservation culturelle et exploitation industrielle. Les activités minières et gazières, particulièrement développées dans le Pilbara voisin, génèrent des émissions polluantes susceptibles d’altérer les gravures ancestrales. Des études archéologiques ont mis en évidence la corrosion progressive des surfaces rocheuses due aux rejets d’oxydes d’azote et de soufre.

Raelene Cooper, gardienne traditionnelle du site, dénonce depuis des années l’expansion des infrastructures industrielles qui empiètent sur des zones sacrées. Son fils, Mark Clifton, évoque avec émotion les lieux aujourd’hui recouverts par des installations minières, autrefois fréquentés par les anciens de la communauté. Malgré les assurances des entreprises locales, comme Woodside Energy, qui affirment prendre des mesures pour réduire leur impact, les craintes persistent.

Le gouvernement australien a récemment autorisé la prolongation jusqu’en 2070 des activités du complexe gazier North West Shelf, malgré les réserves exprimées par l’Icomos, partenaire de l’Unesco. L’organisation recommandait pourtant une action urgente pour limiter les émissions acides. Face à ces tensions, la délégation aborigène a plaidé pour un moratoire sur tout nouveau projet industriel, sans obtenir gain de cause.

L’inscription de Murujuga au patrimoine mondial a été saluée comme une victoire symbolique, bien que les protections demandées n’aient pas été intégralement retenues. Un compromis a néanmoins été trouvé, avec l’obligation pour l’Australie de remettre un rapport d’ici fin 2026 sur l’impact des industries environnantes. Pour les défenseurs du site, cette reconnaissance internationale constitue un premier pas vers une meilleure préservation.

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