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Politique

L’ère Trump et la fabrique numérique de l’image présidentielle

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_**L’ancien président américain inonde les réseaux sociaux de contenus synthétiques, façonnant une narration politique où la frontière entre réalité et fiction s’estompe au service d’une communication permanente.**_

Depuis son retour sur la scène politique, Donald Trump a systématiquement recours à des visuels produits par intelligence artificielle, qu’il diffuse massivement sur sa plateforme Truth Social. Cette pratique, inédite par son ampleur, vise à exalter sa propre figure tout en tournant en dérision ses adversaires. Elle instaure un nouveau paradigme dans la communication politique, où l’image, même artificielle, devient un vecteur central du discours.

L’une des publications les plus marquantes le montrait aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans une mise en scène de détente sur des chaises longues, évoquant de manière provocatrice ses propositions concernant Gaza. Ce type de contenu, qui réduit des enjeux géopolitiques complexes à des symboles simplistes, circule avec une rapidité fulgurante. Des observateurs pointent que cette méthode permet de diffuser des récits biaisés ou erronés sous une forme divertissante, court-circuitant souvent l’examen factuel.

La cible de ces productions est fréquemment l’opposition politique. L’ancien président Barack Obama a ainsi été figuré dans une vidéo le montrant arrêté dans le Bureau ovale, puis incarcéré. Le leader démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a été représenté avec des attributs stéréotypés dans une publication dénoncée comme raciste. Pour certains analystes, l’absence de régulation autour de ces technologies en fait l’outil idéal pour captiver l’attention et remodeler la perception des faits à grande échelle.

L’efficacité électorale de cette stratégie commence à être documentée. Des recherches académiques suggèrent que ce type de contenu de soutien peut influencer de manière significative les préférences des votants. Cette approche témoigne d’une vision où l’exercice du pouvoir s’assimile à une campagne électorale perpétuelle, mobilisant en permanence les ressorts de la persuasion numérique.

Le phénomène dépasse désormais le cercle de l’ancien président. Certains membres de son entourage politique et des gouverneurs d’États, comme le démocrate Gavin Newsom en Californie, ont eux aussi adopté ces méthodes, diffusant à leur tour des vidéos mettant en scène des arrestations fictives. Cette banalisation des contenus synthétiques dans le débat public pose des questions fondamentales sur l’intégrité de l’information et les nouvelles frontières de la propagande politique à l’ère numérique.

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