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L’épreuve de vérité pour le projet libéral argentin

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Les électeurs argentins se prononcent sur l’avenir des réformes économiques du président Milei lors de scrutins législatifs déterminants pour la suite de son mandat.

Les urnes se sont ouvertes ce dimanche en Argentine pour des élections législatives qui conditionneront la marge de manœuvre du chef de l’État durant les deux prochaines années. Ce scrutin constitue le premier examen national pour Javier Milei depuis son accession au pouvoir en 2023, transformant ce rendez-vous électoral en véritable référendum sur sa politique économique.

La portée de ces élections dépasse les frontières nationales, notamment depuis l’annonce d’un soutien financier américain substantiel dépassant quarante milliards de dollars. Cette aide internationale, tant publique que privée, comporte toutefois une condition implicite liée au maintien du pouvoir exécutif actuel.

Le président argentin a placé la barre haute en définissant comme objectif minimal l’obtention d’un tiers des sièges parlementaires, seuil lui garantissant la capacité de bloquer les textes législatifs contraires à son programme. Son parti, La Libertad Avanza, devrait selon les enquêtes d’opinion renforcer sa représentation au Congrès, même s’il restera probablement minoritaire face aux forces péronistes traditionnelles.

L’exécutif met en avant des résultats macroéconomiques significatifs, avec une inflation ramenée de plus de deux cents pour cent à environ trente pour cent sur un an, accompagnée d’un équilibre budgétaire inédit depuis une quinzaine d’années. Ces avancées s’accompagnent cependant de conséquences sociales profondes, dont la suppression de plus de deux cent mille emplois et une contraction de l’activité économique.

La stratégie gouvernementale, marquée par une législation souvent mise en œuvre par décrets présidentiels, pourrait devoir évoluer vers davantage de concertation parlementaire. Des observateurs politiques anticipent une nécessaire normalisation des relations institutionnelles, quel que soit le résultat du scrutin.

Sur les marchés financiers, l’attention se porte particulièrement sur la monnaie nationale, dont la stabilité reste fragile. Les interventions récentes du Trésor américain sur le marché des changes ont temporairement enrayé les pressions dépréciatives, mais la crainte d’une dévaluation post-électorale persiste parmi les investisseurs.

Cette consultation intervient dans un contexte social tendu, où la patience de la population face aux mesures d’austérité semble atteindre ses limites. Le gouvernement devra désormais composer avec une société fracturée, partagée entre l’espoir d’une stabilisation durable et les difficultés quotidiennes engendrées par les réformes structurelles.

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