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L’énergie solaire, levier d’ancrage territorial pour les Bédouins du Néguev

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Dans le désert israélien, des communautés bédouines misent sur les installations photovoltaïques pour sécuriser leur présence sur des terres souvent contestées.

Au cœur du Néguev, un champ de panneaux solaires étincelle sous un soleil implacable, à proximité de maisons inachevées et de terrains arides. Ce paysage singulier illustre une initiative portée par l’ONG Shamsuna, qui équipe plusieurs villages bédouins de systèmes photovoltaïques. Loin d’être uniquement une solution énergétique, ce projet revêt une dimension foncière cruciale pour ces populations historiquement marginalisées.

Les Bédouins, descendants de nomades autrefois libres de parcourir le désert, constituent aujourd’hui une minorité arabophone confrontée à des défis persistants en matière de reconnaissance territoriale. Près de la moitié d’entre eux résident dans des localités non reconnues par les autorités israéliennes, exposés à des pressions croissantes, notamment des démolitions administratives. Dans ce contexte, l’installation de centrales solaires représente bien plus qu’une transition écologique. Elle offre un argument tangible pour légitimer leur occupation des sols, les permis d’exploitation énergétique conditionnant la validation juridique des terrains utilisés.

Piloté à Tirabin al-Sana et étendu à d’autres villages comme Umm Batin, le dispositif combine autonomie électrique, création d’emplois locaux et réduction des coûts énergétiques. Les écoles et jardins d’enfants bénéficient désormais d’une alimentation stable, remplaçant les générateurs diesel bruyants et polluants. Pour les porteurs du projet, cette dynamique constitue une triple victoire. Elle renforce les droits des communautés, participe aux objectifs nationaux de décarbonation et valorise le potentiel économique du Néguev.

Si les obstacles bureaucratiques et politiques demeurent, les premiers résultats suscitent l’espoir d’une généralisation. Les acteurs locaux plaident pour un déploiement à plus grande échelle, voyant dans cette synergie entre énergie verte et stabilité foncière une voie d’avenir. Un modèle où technologie et revendications territoriales s’entremêlent, sous le ciel infini du désert.

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