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L’éducation en suspens au Yémen

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Dans un pays ravagé par les conflits, des enfants poursuivent leur scolarité dans des conditions précaires, symboles d’un système éducatif dévasté.

Sous des tentes aux toiles déchirées, des centaines d’élèves yéménites tentent de suivre des leçons de grammaire. Ces installations sommaires les protègent à peine des rigueurs climatiques, dans un pays où près de trois mille établissements scolaires ont été détruits. Selon les estimations, plus de quatre millions et demi d’enfants en âge d’être scolarisés se trouvent privés d’accès à l’instruction.

Pour ceux qui bénéficient encore d’une forme d’enseignement, les conditions restent extrêmement difficiles. Les infrastructures manquent cruellement, avec des coupures fréquentes d’électricité et d’eau potable. Les équipements pédagogiques et les enseignants qualifiés font également défaut. Dans certaines classes, plus de cent élèves s’entassent dans des espaces réduits, beaucoup devant s’asseoir directement sur le sol avec leurs manuels posés sur les genoux.

Le conflit qui secoue le Yémen depuis 2014 a profondément affecté le système éducatif. De multiples établissements ont été endommagés ou détruits par les combats, tandis que certains ont même été utilisés à des fins militaires. Bien qu’un cessez-le-feu soit globalement respecté depuis 2022, les conséquences humanitaires demeurent considérables, avec près des deux tiers de la population dépendante de l’aide internationale.

Le personnel enseignant doit composer avec des salaires dérisoires et des conditions de travail particulièrement éprouvantes. De nombreux professeurs ont quitté leur fonction après des mois de grève n’ayant pas abouti à des améliorations substantielles. Dans les zones contrôlées par différentes factions, les difficultés s’avèrent similaires, avec des enseignants souvent non rémunérés et des établissements dépourvus de ressources élémentaires.

Face à cette situation, l’Arabie saoudite a initié des programmes de reconstruction ciblant spécifiquement le secteur éducatif. Plus de trente écoles ont été rebâties et plus de cent cinquante enseignantes formées grâce à ces fonds. Les établissements bénéficiaires présentent des conditions radicalement différentes, avec des salles de classe équipées de matériel moderne et des élèves portant des uniformes impeccables.

Ces initiatives, bien que significatives, ne suffisent pas à combler l’immense déficit éducatif. Les spécialistes pointent du doigt l’ampleur des dégâts sur toute une génération d’enfants privés d’instruction de base. L’analyste Omar Karim souligne toutefois une évolution dans l’approche saoudienne, désormais plus orientée vers le développement infrastructurel que vers les seuls enjeux politiques.

Malgré ces efforts, le constat reste alarmant. La directrice d’une école d’Aden décrit une situation catastrophique où de nombreux enfants ne maîtrisent ni la lecture ni l’écriture. Le chemin paraît encore long pour reconstruire un système éducatif capable d’offrir à la jeunesse yéménite les perspectives d’avenir auxquelles elle aspire légitimement.

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