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Économie

Lecornu dévoile de nouvelles concessions budgétaires pour désamorcer la crise

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_**Le Premier ministre a présenté un train de mesures sociales destiné à rallier les socialistes et éviter le rejet du budget. L’absence de financement clair pour ces annonces suscite cependant des interrogations jusqu’au sein de la majorité.**_

Dans une allocution prononcée depuis Matignon, le chef du gouvernement a détaillé plusieurs ajustements au projet de loi de finances pour 2026. Ces propositions visent explicitement à répondre aux exigences du Parti socialiste, dont le soutien est crucial pour empêcher une motion de rejet. Sébastien Lecornu a ainsi acté une revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu et une hausse de la prime d’activité, évaluée à cinquante euros en moyenne pour plus de trois millions de foyers. Le coût annuel de cette dernière mesure est estimé à deux milliards d’euros.

Le volet logement n’est pas en reste, avec un renforcement des moyens alloués aux bailleurs sociaux et l’abandon du projet d’année blanche pour les aides personnalisées au logement. Le gouvernement a par ailleurs confirmé, avant même cette intervention, la généralisation du repas à un euro pour les étudiants. Le Premier ministre a assuré que l’ensemble de ces dispositions permettrait de respecter l’objectif de réduction du déficit public, le ramenant à 5% du produit intérieur brut.

Si le Parti socialiste a salué des « avancées réelles », il a simultanément réclamé des précisions complémentaires. Les critiques, en revanche, ont fusé de tous bords, pointant l’ampleur insuffisante des concessions ou, surtout, l’opacité persistante sur leur financement. Des doutes ont été exprimés quant au respect des engagements de maîtrise des comptes publics, une inquiétude partagée par certains alliés parlementaires de l’exécutif. Le patronat s’est pour sa part inquiété d’éventuelles contreparties fiscales.

Sans dévoiler la méthode qu’il retiendra in fine, Sébastien Lecornu a laissé planer la menace d’un recours à des outils constitutionnels permettant l’adoption du texte sans vote, évoquant sa « tristesse » face à l’échec des discussions parlementaires. Il a par ailleurs vivement dénoncé l’attitude des groupes La France insoumise et Rassemblement national, qu’il accuse d’avoir entravé les débats. La cheffe de file du RN lui a répondu en le qualifiant de « Caliméro Lecornu ».

Plusieurs zones d’ombre demeurent, notamment concernant les compensations pour les collectivités territoriales ou la possible taxation des superprofits des grandes entreprises. Le gouvernement dispose désormais d’un délai très court pour trancher. Les négociations doivent reprendre mardi après-midi, laissant au Premier ministre le soin de décider s’il utilisera l’article 49.3 de la Constitution, au risque de provoquer une motion de censure, ou optera pour une procédure d’ordonnance, option inédite en la matière.

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