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Le Vatican mise sur les réseaux sociaux pour une évangélisation 2.0

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Face à la déchristianisation en Europe, l’Église catholique encourage ses fidèles à investir les plateformes numériques pour diffuser un message spirituel adapté aux nouvelles générations.

Le père Giuseppe Fusari, prêtre italien aux manches tatouées, partage des extraits de l’Évangile devant les 63 000 abonnés de son compte Instagram. Comme lui, des milliers de religieux et laïcs engagés ont répondu à l’appel du Vatican pour le premier « Jubilé des missionnaires numériques », un événement inédit visant à légitimer cette forme contemporaine d’apostolat.

Parmi les figures les plus suivies, sœur Albertine, religieuse française de 29 ans, cumule plus de 320 000 abonnés sur Instagram. Ses vidéos TikTok, où elle explique avec simplicité des notions théologiques ou dévoile son quotidien en communauté, dépassent régulièrement le million de vues. « Les réseaux sociaux sont un terrain missionnaire comme un autre », confie-t-elle, soulignant que son audience dépasse largement le cercle des pratiquants.

Cette stratégie de communication, qui emprunte les codes du divertissement tout en conservant le fond doctrinal, séduit particulièrement les jeunes. Francesca Parisi, enseignante convertie, utilise quant à elle TikTok pour démystifier le catholicisme auprès de ceux qui s’en sont éloignés. « Il s’agit de rencontrer les gens là où ils se trouvent », résume-t-elle.

Lors d’une messe solennelle dans la basilique Saint-Pierre, le pape Léon XIV, lui-même suivi par 14 millions d’internautes, a exhorté ces ambassadeurs du numérique à « irriguer les réseaux sociaux d’espérance chrétienne ». Le cardinal philippin Luis Antonio Tagle a pour sa part rappelé que « le plus grand influenceur reste Dieu », tout en mettant en garde contre les dérives potentielles de ces outils.

Si l’initiative témoigne d’une volonté d’adaptation, elle soulève aussi des questions pratiques. Aucun cadre canonique ne régit encore cette activité, laissant les « missionnaires 2.0 » dans une zone grise. « Comment structurer cette nouvelle forme d’évangélisation ? », s’interroge sœur Albertine. Pour l’Église, le défi consiste désormais à accompagner ce mouvement sans en brider la spontanéité.

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