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Le sumo, ambassadeur silencieux de l’influence japonaise

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_**Le sport traditionnel nippon reprend ses tournées à l’étranger, incarnant une diplomatie culturelle subtile et ancienne.**_

Dans l’enceinte sacrée du dohyō, deux athlètes aux physiques monumentaux s’affrontent lors d’un rituel ancestral. Cette discipline, bien plus qu’un simple sport, constitue depuis des décennies l’un des piliers discrets de la projection culturelle du Japon sur la scène internationale. Après une longue période de repli, les lutteurs professionnels renouent avec les déplacements hors de l’archipel, à l’image de la prochaine étape prévue à Paris au mois de juin.

L’emploi du sumo comme vecteur d’influence remonte au milieu du XIXe siècle, lorsque des démonstrations furent organisées devant des émissaires étrangers. Cette pratique s’est institutionnalisée au cours du siècle suivant, accompagnant souvent les initiatives diplomatiques officielles. Dans les années 1970, une tournée en Chine avait ainsi coïncidé avec la normalisation des relations entre Tokyo et Pékin, s’inscrivant en parallèle de la célèbre « diplomatie du panda ».

Les déplacements à l’étranger s’étaient ensuite raréfiés, l’institution dirigeante privilégiant la consolidation de son audience nationale face à une certaine érosion de sa popularité et à divers incidents. La pandémie a ensuite suspendu toute mobilité internationale. Le paysage a toutefois évolué, avec un regain d’intérêt marqué des visiteurs étrangers pour les traditions japonaises, dont le sumo bénéficie pleinement.

L’organisation de l’étape parisienne illustre cette nouvelle dynamique. Les promoteurs de l’événement soulignent la nécessité de respecter la dimension sacrée et protocolaire de la discipline, qui transcende sa seule dimension spectaculaire. Pour les anciens lutteurs aujourd’hui impliqués dans sa promotion, ces tournées sont l’occasion de partager un héritage culturel profond, tout en renouant avec le souvenir de précédents voyages ayant marqué les esprits.

Ainsi, par sa présence à l’étranger, le sumo continue d’incarner une facette singulière et respectée de l’identité japonaise. Il ne s’agit pas d’une simple exportation folklorique, mais d’une manifestation vivante d’une tradition plusieurs fois centenaire, servant de pont culturel entre le Japon et le reste du monde.

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