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Économie

Le spectre des pénuries hante à nouveau le Sri Lanka

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Les files d’attente devant les stations-service et la flambée des prix de l’énergie réveillent l’angoisse d’une crise passée, plongeant la population dans une inquiétude profonde.

La réapparition de longues files d’attente devant les pompes à essence et la hausse brutale des tarifs de l’électricité évoquent un passé douloureux pour les habitants de Colombo. La situation actuelle, liée aux tensions géopolitiques affectant les approvisionnements pétroliers mondiaux, rappelle avec acuité la grave crise économique qui avait secoué le pays en 2022. Pour préserver ses réserves, les autorités ont instauré un rationnement du carburant, relevé les prix à la consommation et réduit la semaine de travail dans le secteur public.

Ces mesures drastiques interviennent alors que la nation tente encore de se remettre du précédent épisode de turbulence, marqué par des pénuries généralisées et une inflation galopante. Un vendeur du marché de nuit de la capitale confie son désarroi face à des factures d’énergie devenues insurmontables, malgré les espoirs placés dans le gouvernement élu en 2024. L’ambiance est à la résignation pour certains, qui estiment que manifester n’apporterait aucun soulagement dans un contexte déjà extrêmement tendu.

Les observateurs notent que l’absence de mobilisation de grande ampleur s’explique en partie par l’épuisement d’une population confrontée à la gestion quotidienne de sa survie. Le maintien en vigueur d’un état d’urgence, initialement décrété après le passage d’un cyclone dévastateur l’an dernier, contribue également à un climat de retenue. Ce cadre juridique exceptionnel, permettant des arrestations facilitées, est perçu comme un outil potentiel pour contenir toute velléité de contestation.

Les conséquences de la catastrophe naturelle, avec son lourd bilan humain et matériel, ont par ailleurs considérablement grevé les finances publiques. Les fonds dédiés à la reconstruction ont limité la capacité de l’État à amortir le choc énergétique actuel. Dans les rues de Colombo, un sentiment de fatalisme prévaut. Beaucoup redoutent que la baisse future des cours mondiaux du pétrole ne se traduise pas par un allègement tangible de leurs charges, perpétuant ainsi un sentiment de précarité et la crainte d’un nouvel enfoncement.

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