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Économie

Le Salon de l’Agriculture 2026, une édition en demi-teinte

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_**L’événement parisien a refermé ses portes sur une fréquentation en net recul et un secteur en quête de repères, entre absence d’animaux et débats sur l’avenir des modèles de production.**_

La 62e édition du Salon International de l’Agriculture s’est achevée ce dimanche à Paris. L’ambiance a été marquée par une affluence sensiblement plus faible que les années précédentes. Selon les chiffres communiqués par l’organisateur, l’événement a accueilli 437 402 visiteurs, soit une baisse de près de 28% par rapport à l’édition 2025. Cette diminution s’explique en partie par l’absence notable des bovins, retirés de la manifestation en raison d’une épizootie, une situation qui s’ajoute à celle des volailles, absentes depuis plusieurs années. De nombreux exposants ont fait part de leur déception, évoquant également les perturbations liées à des travaux de réaménagement des halls.

Malgré des allées souvent clairsemées en semaine, la fréquentation a retrouvé un niveau plus conforme aux habitudes lors du dernier samedi. La présence politique, elle, n’a pas faibli, avec une visite marathon du chef de l’État dès l’ouverture. La présidence du Salon a reconnu le caractère particulier de cette session, tout en affirmant vouloir préparer un retour en force pour l’année prochaine.

En toile de fond de cette édition, les interrogations sur l’avenir du modèle agricole français ont occupé une place centrale. La ministre de l’Agriculture a placé la relance de la production et de la compétitivité au cœur de ses priorités, s’interrogeant publiquement sur la capacité des exploitations de taille intermédiaire à faire face à la concurrence européenne. Le syndicat majoritaire a salué cette prise de position, tandis qu’une organisation concurrente a dénoncé ce qu’elle perçoit comme une orientation favorisant l’agrandissement des structures. Le gouvernement a promis une future loi d’urgence agricole, tandis que des associations ont présenté une contre-proposition législative axée sur la protection environnementale et les revenus.

Un autre sujet a émergé en marge des débats officiels, celui de l’agriculture biologique. Les dernières estimations indiquent une légère baisse du nombre de producteurs engagés dans ce mode de culture pour la première fois en 2025, alors même que la demande des consommateurs repart à la hausse. Cette tendance pourrait, à terme, poser des difficultés d’approvisionnement. Le sujet n’a pourtant pas été abordé dans le cadre des travaux annoncés sur la souveraineté alimentaire.

Les questions européennes ont également été omniprésentes. Le commissaire européen à l’Agriculture s’est rendu sur place, annonçant des mesures de soutien financier pour la filière viticole et une suspension temporaire de droits de douane sur les engrais. Cependant, la semaine s’est conclue sur une décision de la Commission européenne qui a suscité l’inquiétude des syndicats français, concernant l’application provisoire de l’accord commercial avec les pays du Mercosur.

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