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Le RN vise Marseille, tremplin vers l’Élysée

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À deux mois des municipales, Marine Le Pen a galvanisé ses troupes dans la cité phocéenne, où son parti espère une victoire qui préfigurerait un changement national.

L’ambition est désormais affichée sans détour. Le Rassemblement national, porté par des scores électoraux solides dans la région, fait de la conquête de Marseille un objectif prioritaire. La venue de Marine Le Pen, ce week-end, pour soutenir son candidat Franck Allisio, s’inscrit dans cette stratégie. Devant un auditoire conquis, la présidente du groupe parlementaire a appelé à un « sursaut » pour mettre fin, selon ses termes, à six années de gestion municipale de gauche. Elle a lié le scrutin local à l’échéance présidentielle de 2027, présentant un succès à Marseille comme le prélude à une « alternance nationale ».

Le candidat du RN, député des Bouches-du-Rhône, a repris cette rhétorique fédératrice. Il a promis à ses partisans un « moment de bascule » pour la ville, annonçant que c’est de Marseille que soufflerait un vent nouveau jusqu’à la victoire. Cette volonté de nationaliser l’enjeu local rencontre une réalité électorale tangible. Les dernières enquêtes d’opinion placent en effet Franck Allisio au coude-à-coude avec le maire sortant, Benoît Payan, chacun recueillant environ trente pour cent des intentions de vote.

Face à cette offensive, le camp sortant a immédiatement répliqué. Benoît Payan a fermement rejeté la légitimité du Rassemblement national à gouverner la ville, le qualifiant de formation « anti-Marseille ». Il a invoqué l’histoire et l’identité plurielle de la cité, s’érigeant en rempart contre ce qu’il perçoit comme une menace pour le vivre-ensemble. Cette polarisation du débat s’est manifestée physiquement par une contre-manifestation organisée à proximité du meeting du RN, où plusieurs centaines de personnes ont exprimé leur inquiétude face à la montée des idées portées par le parti d’extrême droite.

La configuration à quatre favoris, incluant également Martine Vassal pour la droite classique et Sébastien Delogu pour La France insoumise, laisse entrevoir un second tour indécis. Le RN mise sur un report de voix en sa faveur dans l’hypothèse d’une triangulaire, se présentant comme la seule force capable de provoquer l’alternance. L’enjeu marseillais dépasse ainsi largement le cadre municipal, devenant un test politique majeur et un symbole des rapports de force à l’échelle du pays.

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