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Le retour d’un exilé clé à la veille d’un scrutin historique

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_**Après dix-sept années passées hors de son pays, Tarique Rahman, président par intérim du principal parti d’opposition, a regagné le Bangladesh. Son arrivée survient dans un contexte politique tendu, à l’approche d’élections législatives cruciales.**_

L’aéroport de Dacca a été le théâtre jeudi d’un retour très attendu. Tarique Rahman, figure centrale du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), a foulé le sol national après près de deux décennies d’absence. Accompagné de son épouse et de sa fille, il a été accueilli par des responsables de son parti, dans une scène diffusée en direct. Des milliers de sympathisants s’étaient rassemblés plus tôt dans les rues de la capitale, pavoisées de son effigie et résonnant de chants patriotiques.

Ce retour intervient à un moment politique sensible, alors que le pays se prépare à des élections générales anticipées. Le BNP, formation dirigée par sa mère, l’ancienne cheffe de gouvernement Khaleda Zia, est perçu comme le favori de ce scrutin. Tarique Rahman lui-même est pressenti pour briguer le poste de Premier ministre en cas de victoire. Son arrivée relance ainsi la campagne dans une nation où les clivages politiques restent profonds, un an après un mouvement de protestation ayant conduit au départ de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina.

L’itinéraire personnel de Tarique Rahman est indissociable des soubresauts de l’histoire bangladaise. Fils de Ziaur Rahman, militaire influent, et ayant grandi dans l’ombre de sa mère, deux fois Première ministre, il s’est engagé très tôt en politique. Sa carrière a été marquée par des démêlés judiciaires. Arrêté en 2007 dans le cadre d’une affaire de corruption, il affirme avoir subi des mauvais traitements en détention. Libéré, il avait quitté le pays l’année suivante pour se faire soigner à Londres, affirmant par la suite avoir choisi l’exil pour échapper à des persécutions politiques.

Depuis l’étranger, il a maintenu son influence au sein du BNP, dont il assure la présidence par intérim. Récemment, il a été acquitté en appel de la lourde condamnation qui pesait contre lui pour son implication présumée dans un attentat à la grenade en 2004. Il a toujours rejeté ces accusations, comme celles de népotisme et de corruption qui ont régulièrement entaché sa réputation, certains rapports diplomatiques le décrivant par le passé comme le symbole d’une gouvernance contestée.

Le climat dans lequel il effectue son retour demeure volatile. L’assassinat en décembre dernier d’un candidat aux législatives et critique de l’Inde avait provoqué de vives tensions et des actes de vandalisme à Dacca, ciblant notamment des médias. Dans ce contexte, la réapparition physique de Tarique Rahman sur la scène politique intérieure représente un événement majeur, susceptible de redessiner les équilibres à l’approche du vote.

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