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Le point de passage de Rafah, enjeu humanitaire et stratégique à Gaza

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Alors que la réouverture de ce poste-frontière crucial reste suspendue à des négociations complexes, son rôle demeure central pour l’acheminement de l’aide et la reconstruction du territoire.

Situé à l’extrémité méridionale de la bande de Gaza, le poste-frontière de Rafah constitue l’unique interface terrestre entre ce territoire et l’Égypte. Cette position géographique en fait un axe vital pour l’approvisionnement en produits de première nécessité, particulièrement en carburant indispensable au fonctionnement des services essentiels. Historiquement, ce point de transit a représenté pendant des années la principale issue pour les Palestiniens autorisés à quitter l’enclave soumise à un blocus israélien depuis 2007.

Le contrôle de ce passage a évolué au gré des changements politiques. Administré initialement par l’Autorité palestinienne entre 2005 et 2007, il est devenu par la suite un symbole de la mainmise du Hamas sur le territoire gazoui. En mai 2024, les forces israéliennes en ont pris le contrôle côté palestinien, justifiant cette intervention par des impératifs sécuritaires. Toutes les circulations ont alors été interrompues, y compris celles des organismes internationaux.

Une réouverture temporaire est intervenue durant la trêve de janvier 2025, permettant tant le transit de civils que le passage de convois humanitaires. Les récentes annonces contradictoires des autorités israéliennes concernant une éventuelle réouverture illustrent les tensions persistantes autour de ce dossier. Le plan américain prévoyait initialement la remise en service du poste-frontière après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et la libération des captifs, mais les réticences israéliennes perdurent.

Le circuit d’acheminement de l’aide internationale suit un protocole rigoureux. Les marchandises transitent d’abord par les ports égyptiens avant d’être convoyées vers la frontière. Après le franchissement du poste de Rafah, les cargaisons subissent des inspections approfondies au passage israélien de Kerem Shalom, où elles sont transbordées vers des véhicules autorisés à pénétrer dans Gaza.

D’autres points d’accès existent, mais leur utilisation reste limitée. Le terminal de Kerem Shalom assure actuellement les trois quarts des entrées de l’aide humanitaire, tandis que celui de Kissoufim complète ce dispositif. Le poste frontalier d’Erez, gravement endommagé lors des affrontements de 2023, demeure fermé sans perspective de réouverture. Plusieurs autres accès historiques fonctionnent de manière intermittente, mais les informations concernant leur activité restent parcimonieuses.

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