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Le pickleball vietnamien, une passion qui fait du bruit

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La pratique explosive de ce sport de raquette, qui séduit des millions d’adeptes, génère des nuisances sonores considérables, poussant les autorités et les riverains à s’interroger sur son développement urbain.

En l’espace de deux années, le pickleball s’est imposé comme un phénomène sociétal majeur au Vietnam. Cette activité, qui emprunte au tennis, au badminton et au tennis de table, compte désormais plusieurs millions d’adeptes à travers le pays. Son succès fulgurant tient à sa simplicité d’accès et à son caractère convivial, en faisant un loisir intergénérationnel particulièrement prisé. Cependant, cette popularité s’accompagne d’une controverse grandissante liée à l’environnement sonore qu’elle génère.

Le son caractéristique produit par le contact entre la balle en plastique et la raquette, une percussion sèche et répétitive, se diffuse largement dans les zones résidentielles. Des milliers de terrains ont en effet été aménagés au pied d’immeubles, transformant le quotidien de nombreux habitants. Les parties, qui peuvent se prolonger tard dans la nuit, sont devenues une source de tension, les plaintes pour trouble anormal de voisinage se multipliant. À Hanoï, ce loisir constitue désormais la première cause de réclamations liées au bruit, devant la circulation automobile.

Les préoccupations dépassent le simple cadre de la gêne occasionnelle. Des experts sanitaires et certains médias nationaux alertent sur les conséquences potentielles pour la santé publique. Ils pointent les risques de stress accru, de perturbations du sommeil et d’effets cardiovasculaires induits par une exposition prolongée à ces nuisances. Des établissements scolaires et des logements collectifs, notamment à Hô Chi Minh-Ville qui compte un millier de terrains, font état de difficultés de concentration et de départs de résidents excédés.

Face à cette situation, les promoteurs du sport mettent en avant ses vertus sociales et son accessibilité. Ils soulignent que l’équipement léger permet une pratique facile, favorisant l’activité physique pour tous. Pour eux, le son de la balle fait partie intégrante du jeu et n’est pas perçu comme une nuisance par les joueurs eux-mêmes. Cette divergence de points de vue place les pouvoirs publics devant un défi de conciliation. Ils sont appelés à encadrer la pratique, notamment en faisant respecter la réglementation sur les nuisances sonores nocturnes, tout en préservant un loisir devenu extrêmement populaire. L’équilibre entre promotion du sport et qualité de vie en milieu urbain reste à trouver.

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