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Le Niger accuse Paris et ses alliés après un assaut contre l’aéroport de Niamey

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Le chef de la junte a salué le soutien russe et pointé du doigt les présidents français, béninois et ivoirien, qu’il désigne comme les commanditaires présumés de l’opération.

Un assaut armé a visé dans la nuit de mercredi à jeudi l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, un site stratégique abritant des installations militaires sensibles. Les autorités de transition nigériennes ont fait état d’une riposte ayant permis de neutraliser une vingtaine d’assaillants et d’en arrêter plusieurs autres. Quatre militaires ont été blessés et des dégâts matériels, dont l’incendie d’un dépôt de munitions, ont été constatés. Trois avions civils stationnés sur le tarmac ont également été touchés par des tirs.

Dans une déclaration officielle, le général Abdourahamane Tiani a rendu hommage aux forces de défense nationales et à leurs « partenaires russes » pour leur intervention. Il a par ailleurs lancé des accusations directes contre les présidents français, béninois et ivoirien, les qualifiant de financeurs de l’opération. Ces allégations s’inscrivent dans un contexte de relations extrêmement tendues entre le Niger, la France et certains pays de la région depuis le changement de pouvoir survenu à Niamey l’été dernier. Les pays mis en cause ont régulièrement démenti toute volonté de déstabilisation.

Le ministre de la Défense a pour sa part décrit l’attaque comme une action menée par un « groupe de mercenaires télécommandés » durant une trentaine de minutes. Les images diffusées par la télévision d’État ont montré la visite des autorités sur les lieux et présenté les corps des individus abattus, parmi lesquels figurerait, selon elles, un ressortissant français. L’accès au périmètre de l’aéroport, qui comprend une base aérienne et un quartier-général militaire régional, est resté fortement sécurisé dans les heures suivant les événements.

Cette infrastructure revêt une importance capitale, tant sur le plan militaire que économique. Elle héberge notamment une importante cargaison d’uranium, au centre d’un litige commercial entre l’État nigérien et l’entreprise française Orano. Aucun groupe jihadiste actif dans la région n’avait revendiqué cette action en fin de journée jeudi, bien que des analystes évoquent cette piste comme la plus plausible, compte tenu de la menace persistante que font peser les organisations extrémistes sur la capitale et ses environs. La présence de militaires italiens sur la base aérienne a également conduit Rome à exprimer sa vigilance quant à la sécurité de son personnel.

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