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Le Honduras inaugure une ère politique sous le signe de l’alignement américain

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L’investiture de Nasry Asfura à la présidence marque un virage à droite pour le pays et consolide l’influence de Washington dans la région, au détriment de Pékin.

L’ancien maire de Tegucigalpa a officiellement pris les rênes de l’État centraméricain ce mardi, entamant un mandat de quatre ans. Sa victoire électorale, longtemps attendue et entachée d’accusations d’irrégularités, clôt une période de gouvernance de gauche et installe une administration favorable aux intérêts des États-Unis. Le soutien affiché de l’ancien président Donald Trump, qui avait conditionné l’aide américaine au résultat du scrutin, a joué un rôle déterminant dans cette issue.

Cette accession au pouvoir renforce le camp des dirigeants latino-américains proches de l’administration républicaine, à l’instar de ceux du Chili, de la Bolivie, du Pérou et de l’Argentine. Reconnaissant envers son puissant parrain, le nouveau chef de l’État s’est déjà rendu à Washington pour s’entretenir avec le secrétaire d’État Marco Rubio, évoquant la possibilité d’un futur accord de libre-échange. Une priorité économique pour une nation dont plus de la moitié des exportations sont destinées au marché nord-américain.

La rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis constitue l’un des principaux enjeux de cette nouvelle présidence. Le gouvernement précédent avait rompu ses liens diplomatiques avec Taïwan au profit de Pékin. M. Asfura n’exclut pas un revirement, affirmant vouloir analyser les engagements existants pour définir la voie la plus avantageuse pour son pays. Les échanges commerciaux avec la Chine, déséquilibrés au détriment du Honduras, font l’objet d’un réexamen.

Sur le plan intérieur, le défi est colossal. La gestion des flux migratoires vers le nord figurera en tête des discussions avec Washington. Les transferts d’argent de la diaspora, essentiels à une économie où la pauvreté touche une large majorité de la population, représentent près d’un tiers de la richesse nationale. Le président élu plaidera pour le rétablissement d’un statut de protection temporaire pour des dizaines de milliers de ses concitoyens résidant aux États-Unis.

La relance économique devra concilier l’attraction des investissements étrangers, le développement des infrastructures et la maîtrise d’une dette publique élevée. Cette tâche s’annonce d’autant plus complexe que le pays reste l’un des plus dangereux de la région, miné par l’emprise des gangs criminels et un trafic de drogue endémique. La coopération en matière de sécurité avec les États-Unis devrait être intensifiée, dans un contexte où l’ancien président Juan Orlando Hernandez, condamné pour narcotrafic, a récemment bénéficié d’une grâce de M. Trump.

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