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Société

Le Gabon exhume les secrets millénaires de ses forêts tropicales

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Au cœur de la jungle équatoriale, une équipe d’archéologues met au jour des traces de civilisations anciennes, éclairant d’un jour nouveau l’histoire méconnue de l’Afrique centrale.

Sous la canopée dense du Gabon, là où la roche dolomitique dessine des grottes mystérieuses, des chercheurs s’affairent à reconstituer le puzzle d’un passé lointain. Dans l’abri-sous-roche de Youmbidi, près de Lastourville, les strates de terre révèlent peu à peu des vestiges datant parfois de 25 000 ans. Ces découvertes, fruit d’un travail méticuleux, comblent un vide dans la compréhension des sociétés préhistoriques de la région, longtemps négligée au profit des zones arides comme le Sahara.

Dirigée par un géoarchéologue chevronné, l’équipe a identifié des preuves d’une occupation humaine ininterrompue sur douze millénaires. Parmi les artefacts exhumés figurent des outils en pierre taillée, des fragments de poterie parmi les plus anciens d’Afrique centrale, ainsi que des dents susceptibles de livrer des informations génétiques cruciales. Une perle façonnée dans une coquille d’escargot, vieille de près de 5 000 ans, témoigne quant à elle d’un savoir-faire artisanal insoupçonné.

Ces trouvailles bouleversent les idées reçues sur les populations forestières, souvent perçues comme isolées ou primitives. Les poteries, par exemple, attestent d’innovations techniques, tandis que les objets décoratifs suggèrent des rites et une organisation sociale élaborés. Les scientifiques y voient une clé pour comprendre l’adaptation de ces sociétés aux mutations climatiques passées, un enjeu dont les résonances contemporaines sont évidentes.

Les recherches se concentrent désormais sur l’analyse fine des échantillons, avec l’espoir de retracer les migrations et les échanges culturels ayant façonné la région. Pour les spécialistes, ces travaux ne se limitent pas à une quête académique. Ils offrent aussi des pistes pour appréhender les défis environnementaux actuels, en révélant la résilience dont firent preuve ces communautés face aux bouleversements de leur écosystème.

Alors que les forêts gabonaises recèlent encore bien des mystères, chaque coup de pinceau dans la terre humide rappelle que l’histoire de l’humanité ne s’écrit pas seulement dans les déserts ou les savanes, mais aussi sous l’ombre protectrice des arbres tropicaux.

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