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Le Danemark présente ses excuses officielles pour les stérilisations imposées au Groenland

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La Première ministre Mette Frederiksen a reconnu ce mercredi à Nuuk la responsabilité de l’État danois dans une campagne de contraception forcée ayant affecté des milliers de femmes groenlandaises entre les années 1960 et 1990. Cette démarche s’accompagne de la création d’un fonds d’indemnisation.

Devant les représentants groenlandais et les victimes présentes, le gouvernement danois a accompli un geste historique en présentant des excuses officielles pour les pratiques contraceptives imposées sans consentement. Cette campagne, menée sur une période de plus de trente ans, visait explicitement à réduire la natalité sur le territoire groenlandais. Selon les conclusions d’une enquête récente, plus de 4 000 femmes, dont de nombreuses mineures, ont été concernées, la moitié d’entre elles étant en âge de procréer à la fin des années 1970.

Les conséquences médicales et psychologiques de ces actes ont été largement documentées. De nombreuses femmes ont souffert de complications graves, et un nombre significatif d’entre elles sont devenues stériles à la suite de ces interventions. La reconnaissance de ces faits par les autorités danoises intervient après des années de mobilisation des associations et des victimes. La mise en place d’un fonds de réconciliation, annoncée lundi, doit permettre une indemnisation des personnes concernées.

Ce geste politique marque une rupture avec la position traditionnelle des gouvernements danois précédents, qui avaient toujours évité de s’excuser pour les actions menées au Groenland. Des observateurs notent que ce changement de cap intervient dans un contexte géopolitique particulier, où les intérêts internationaux, notamment américains, s’intensifient dans la région arctique. La question des relations entre Copenhague et Nuuk reste marquée par plusieurs contentieux historiques, tels que les adoptions forcées ou les déplacements d’enfants groenlandais vers le Danemark.

L’affaire des contraceptifs imposés n’a émergé dans le débat public qu’à la faveur de témoignages et d’une série de podcasts diffusés en 2022, conduisant à l’ouverture d’une enquête indépendante. Une seconde investigation, portant sur les implications juridiques de ces agissements et examinant notamment la qualification de génocide, doit rendre ses conclusions au printemps 2026. Pour les communautés groenlandaises, cette reconnaissance constitue une étape nécessaire dans un processus de vérité et de réparation collective.

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