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Le conflit soudanais entre dans une phase décisive

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Le contrôle stratégique d’El-Facher par les paramilitaires modifie profondément les équilibres territoriaux, tandis que les organisations internationales alertent sur les risques de violations massives des droits humains.

Les Forces de soutien rapide ont consolidé leur emprise sur l’ensemble du Darfour occidental après s’être emparées de la ville d’El-Facher à l’issue de dix-huit mois de siège. Cette avancée marque un tournant dans le conflit qui oppose depuis plus de deux ans les paramilitaires à l’armée régulière. Les combats se déplacent désormais vers la région voisine du Kordofan, riche en ressources pétrolières.

L’armée gouvernementale conserve le contrôle des régions nord, est et centre du pays, incluant la capitale Khartoum et le port stratégique de Port-Soudan. Le pouvoir militaire y maintient l’essentiel des institutions étatiques. En revanche, les paramilitaires dominent le sud du territoire et l’ensemble du Darfour, où ils ont établi une administration parallèle.

La communauté internationale exprime de vives préoccupations quant aux risques d’atrocités contre les populations civiles. Des organisations non gouvernementales signalent des violences ciblant spécifiquement les communautés non arabes, rappelant les massacres qui avaient ensanglanté le Darfour au début des années 2000. Le siège prolongé d’El-Facher a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, tandis que les camps de réfugiés de Zamzam et Abou Chouk sont passés sous contrôle paramilitaire.

Au Kordofan, l’intensification des affrontements aggrave une situation humanitaire déjà critique. Les paramilitaires affirment avoir pris la ville de Bara et encerclent désormais El-Obeid, capitale régionale. Dans le Kordofan du Sud, les combats se concentrent autour des villes de Dilling et Kadugli, soumises à des bombardements répétés.

Malgré la reprise de Khartoum par l’armée régulière et les travaux de reconstruction en cours, la capitale continue de subir des attaques de drones. Des infrastructures énergétiques et militaires ont été ciblées récemment dans plusieurs régions, démontrant la capacité des paramilitaires à mener des opérations au-delà de leurs zones de contrôle.

Ce conflit a provoqué l’une des plus graves crises humanitaires contemporaines, avec des millions de personnes déplacées et confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Les observateurs redoutent une partition durable du pays, rappelant la sécession du Soudan du Sud en 2011.

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