Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Le Cambodge dévoile ses trésors cachés dans les massifs karstiques

Article

le

Une expédition scientifique a permis d’identifier plusieurs espèces inédites dans les formations calcaires du nord-ouest du pays, des découvertes qui pourraient influencer les politiques de conservation face aux pressions industrielles.

Les reliefs karstiques du Cambodge continuent de révéler leurs secrets biologiques. Une récente mission d’exploration dans le massif de Phnom Proek, près de la frontière thaïlandaise, a conduit à des découvertes zoologiques majeures. Des chercheurs ont identifié au moins trois nouvelles espèces de geckos durant une seule nuit d’investigation, confirmant le statut exceptionnel de ces écosystèmes calcaires comme réservoirs de biodiversité méconnue.

Ces formations géologiques, sculptées par l’érosion hydrique sur des millions d’années, offrent un réseau complexe de cavités et de galeries propice à l’évolution d’espèces endémiques. Le professeur Lee Grismer, spécialiste international des geckos, souligne que chaque anfractuosité rocheuse peut abriter des organismes uniques adaptés à ces microhabitats isolés.

L’expédition s’est déroulée selon des protocoles scientifiques rigoureux. Équipés de lampes frontales, les chercheurs ont parcouru les parois calcaires à la nuit tombée, capturant délicatement les spécimens repérés. Les animaux ont été photographiés en milieu contrôlé avant d’être euthanasiés pour analyse génétique et morphologique. Cette méthodologie permet de confirmer le statut inédit des espèces collectées grâce au séquençage ADN et à l’étude comparative.

Au-delà des trois geckos potentiellement nouveaux, l’équipe a documenté la présence d’une vipère à tête verte previously uniquement observée en Thaïlande. Ces découvertes s’ajoutent à une liste croissante d’espèces rares peuplant ces karsts, des araignées géantes aux scorpions particuliers.

Ces écosystèmes font cependant face à des menaces croissantes. L’industrie cimentière convoite les ressources calcaires, tandis que les populations locales voient dans le développement industriel une source potentielle d’emplois. Pablo Sinovas de l’ONG Fauna & Flora plaide pour une protection renforcée de ces habitats exceptionnels, qu’il compare au patrimoine culturel khmer. La question de la conciliation entre développement économique et conservation de la biodiversité se pose avec acuité dans cette région encore méconnue.

Les scientifiques espèrent que ces découvertes contribueront à une prise de conscience nationale et internationale sur la valeur écologique des karsts cambodgiens. La prochaine étape consistera à publier formellement les descriptions des nouvelles espèces et à travailler avec les autorités pour établir des mécanismes de protection adaptés.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus