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Le Bhumjaithai en position de force pour former le prochain gouvernement thaïlandais

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Le parti conservateur du Premier ministre sortant, Anutin Charnvirakul, a créé la surprise en arrivant en tête des législatives. Il doit désormais composer une coalition pour gouverner.

Le paysage politique thaïlandais connaît un renversement de situation à l’issue du scrutin législatif. Le Bhumjaithai, formation conservatrice du chef du gouvernement sortant, Anutin Charnvirakul, est crédité d’environ deux cents sièges à la Chambre des représentants, selon les premières estimations. Ce score le place nettement devant ses principaux concurrents, le Parti du peuple et le Pheu Thai, ce dernier ayant longtemps dominé la vie politique nationale.

Cette performance inattendue ne confère cependant pas au Bhumjaithai la majorité absolue au Parlement, qui en compte cinq cents. Le parti devra donc engager des pourparlers afin de constituer une alliance gouvernementale. Le Pheu Thai, avec lequel il partageait le pouvoir jusqu’à l’été dernier avant une rupture liée à des divergences sur la gestion d’un différend frontalier, pourrait figurer parmi les partenaires potentiels.

Les analystes attribuent ce succès électoral à la capacité du parti au pouvoir à capitaliser sur les thèmes du nationalisme et du soutien à la monarchie, dans un contexte de tensions persistantes avec le Cambodge voisin. Ils relèvent également l’affaiblissement de ses rivaux, notamment le Pheu Thai, dont l’image a été écornée par des propos jugés inappropriés de son ancienne dirigeante, Paetongtarn Shinawatra.

Le futur exécutif, quelle que soit sa composition, héritera d’un dossier économique complexe, marqué par une croissance atone et un secteur touristique qui peine à retrouver son niveau d’avant la pandémie. La question frontalière, source de vives préoccupations dans l’électorat après des incidents armés l’an passé, restera également une priorité.

Les observateurs s’attendent à une continuité politique, le Bhumjaithai étant susceptible d’imprimer sa marque sur l’orientation des futures politiques publiques. Cette configuration pourrait par ailleurs renforcer l’autonomie des institutions militaires dans la conduite des affaires sécuritaires, dans un cadre constitutionnel toujours marqué par l’héritage du régime instauré après le coup d’État de 2014.

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