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L’avenir des cétacés d’Antibes se joue dans une réunion ministérielle
Pour la première fois depuis la fermeture du parc Marineland, les parties prenantes se réunissent ce lundi sous l’égide du gouvernement. L’objectif est de déterminer le sort des orques et des dauphins, dans un contexte marqué par des désaccords profonds et des infrastructures vieillissantes.
La rencontre organisée par le ministère de la Transition écologique vise à sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le dossier depuis un an. Les positions restent très éloignées entre la direction du parc, qui souhaite un transfert rapide vers d’autres établissements, et plusieurs associations de protection animale, qui militent pour la création de sanctuaires en milieu naturel. Le gouvernement, quant à lui, doit concilier ces visions divergentes tout en appliquant la législation interdisant à terme la détention des cétacés.
Un projet d’accueil des dauphins au ZooParc de Beauval, évoqué l’an dernier, fait face à une opposition juridique. Une quinzaine d’organisations non gouvernementales et le rapporteur de la loi de 2021 contestent ce plan, qu’ils considèrent comme une simple continuation de l’exploitation commerciale sous une autre forme. En parallèle, un récent rapport d’expertise commandité par Sea Shepherd souligne que les dauphins pourraient demeurer sur le site d’Antibes, mais alerte sur l’état préoccupant des bassins des orques.
Ces installations, construites il y a plus de vingt ans, présentent en effet une dégradation structurelle avancée. Des fissures visibles s’élargissent, et bien que des travaux de maintenance permanents les maintiennent opérationnels, leur intégrité est fragilisée. Les experts estiment qu’un effondrement généralisé pourrait survenir à tout moment. Une telle hypothèse conduirait, en l’absence de solution de repli immédiate, à devoir envisager l’euthanasie des deux orques présentes, Wikie et son fils Keijo.
La direction de Marineland plaide depuis des mois pour un transfert vers un parc affilié à Tenerife, une option que les autorités espagnoles rejetteraient en raison de la taille insuffisante des bassins. Le ministre a évoqué la possibilité d’un sanctuaire en Nouvelle-Écosse, mais ce projet n’existe pour l’heure que sur le papier. L’adaptation d’animaux nés en captivité à un environnement de semi-liberté représenterait un défi considérable, comme l’ont montré des expériences passées avec d’autres cétacés.
Face à ces incertitudes, certaines organisations proposent des solutions intermédiaires. Sea Shepherd a ainsi offert une contribution financière pour assurer le maintien des animaux à Antibes en attendant une issue, tout en plaidant pour la création d’un sanctuaire en Méditerranée. D’autres acteurs estiment cependant qu’il est déjà trop tard pour les orques et que leur seule chance réside dans un transfert vers un parc d’accueil adapté, faute de structure de sanctuaire opérationnelle dans le monde. La réunion de ce lundi doit donc trancher entre des scénarios aux implications techniques, éthiques et financières complexes.
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