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Lassitude parlementaire face au budget 2026

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L’examen du projet de loi de finances s’enlise à l’Assemblée nationale, conduisant le gouvernement à suspendre les débats. Les élus, épuisés, peinent à trouver un terrain d’entente, tandis que l’exécutif se trouve contraint de reconsidérer sa méthode.

L’atmosphère était morose cette semaine au Palais-Bourbon. La reprise de l’examen du budget pour l’année 2026 a rapidement buté sur une fatigue palpable parmi les parlementaires. Après trois jours de discussions peu productives, le gouvernement a pris la décision, jeudi en soirée, de mettre un terme provisoire aux travaux. Les séances prévues pour les jours suivants ont été annulées, reportant la suite des délibérations à la semaine prochaine.

Les élus de tous bords ont fait part ouvertement de leur découragement. La répétition des arguments, l’absence de progression notable dans les négociations et le sentiment de tourner en rond ont été largement exprimés. Certains ont comparé leur travail à une routine mécanique, dénuée de résultats concrets. Cette démobilisation s’est traduite par une présence clairsemée dans l’hémicycle et, à plusieurs reprises, par des votes semblant manquer de cohérence, notamment sur des chapitres sensibles comme le financement des collectivités territoriales.

La stratégie initiale du Premier ministre, qui consistait à laisser une large initiative au Parlement dans l’espoir de dégager un consensus, apparaît désormais en échec. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement a lui-même reconnu que les discussions s’éloignaient de tout compromis acceptable. Cette impasse survient dans un contexte calendaire défavorable, entre les traditionnelles cérémonies de vœux et la préparation des échéances municipales, qui accaparent une partie de l’attention des députés.

Face à cette paralysie, la pression monte sur l’exécutif pour qu’il utilise les instruments constitutionnels à sa disposition afin de faire adopter le texte. Bien que le Premier ministre se soit publiquement engagé à éviter le recours à l’article 49.3 de la Constitution, cette option, ou celle d’une ordonnance, est désormais considérée comme inévitable par de nombreux observateurs et parlementaires. L’attente d’une décision claire de Matignon génère une impatience croissante, certains élus jugeant absurde de prolonger des débats dont l’issue ne fait plus guère de doute.

Des consultations sont en cours pour déterminer la marche à suivre. Le gouvernement a indiqué qu’il présenterait sous peu des propositions permettant d’aboutir à un budget de compromis et d’en assurer la promulgation. En coulisses, le chef du gouvernement a encore tenté de justifier la nécessité du débat parlementaire, tout en percevant la lassitude générale. Pour certains participants, cet épisode difficile illustre les difficultés à instaurer une culture du compromis dans les pratiques législatives françaises, un apprentissage qui, selon eux, demandera encore du temps.

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