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L’assassinat d’un édile anti-cartels provoque une mobilisation nationale

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La mort violente du maire Carlos Manzo, figure de la lutte contre les narcotrafiquants, a déclenché une onde de choc à travers le Mexique, poussant les autorités à réviser leur approche sécuritaire face au crime organisé.

Des manifestations ont éclaté dans plusieurs localités de l’État du Michoacán après la disparition brutale de l’édile d’Uruapan, reconnu pour son engagement sans concession contre les groupes criminels. Les protestataires, exigeant justice, ont exprimé leur colère en s’en prenant à des bâtiments publics, reflétant l’exaspération grandissante des populations face à l’insécurité. Cette région, importante pour la production agricole nationale, constitue un enjeu territorial majeur pour plusieurs organisations narcotrafiquantes, dont le Cartel Jalisco Nueva Generación.

Carlos Manzo s’était imposé comme une personnalité publique singulière, n’hésitant pas à apparaître aux côtés des forces de l’ordre lors d’opérations de police, une image qui lui avait valu le surnom de « Bukele mexicain ». Son assassinat, survenu en pleine célébration de la fête des Morts malgré un dispositif de sécurité renforcé, a profondément marqué l’opinion. Pour de nombreux habitants et proches collaborateurs, il incarnait un espoir de changement et une résistance concrète face à la criminalité.

Face à cette situation, le gouvernement fédéral a annoncé le déploiement d’un plan spécifique pour le Michoacán, axé sur le renforcement du renseignement et une meilleure coordination entre les institutions judiciaires et policières. Cette initiative vise à endiguer la recrudescence des homicides et des extorsions, fléaux qui frappent durement les producteurs agricoles locaux, régulièrement victimes de rackets.

La stratégie actuelle se distingue des politiques antérieures, marquées soit par la confrontation armée, soit par des approches sociales privilégiant la prévention. Les autorités actuelles mettent en avant une baisse globale des homicides, bien que des observateurs soulignent que cette diminution pourrait aussi résulter de la mainmise temporaire d’un cartel dominant sur certaines zones.

Parallèlement, la question sécuritaire dépasse désormais les frontières nationales. Des offres d’assistance militaire émanant des États-Unis ont été formulées, mais rejetées par Mexico. Certains analystes relèvent toutefois un changement de discours de la part de Washington, qui tend à présenter le Mexique comme un partenaire plutôt qu’un problème. L’assassinat de Carlos Manzo pourrait néanmoins alimenter les appels en faveur d’une intervention étrangère, une perspective que redoutent de nombreux experts.

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