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L’ancien ministre cubain de l’Économie inculpé pour espionnage et corruption

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La mise en accusation d’Alejandro Gil, figure jusqu’alors incontournable de l’appareil d’État, soulève de vives interrogations sur les luttes intestines au sein du pouvoir communiste cubain, dans un contexte économique des plus délicats.

L’ancien ministre de l’Économie et de la Planification, Alejandro Gil, a été formellement inculpé pour espionnage et atteinte à l’activité économique, selon un communiqué du parquet général cubain. Ce haut responsable, limogé en février dernier après six années à la tête de ce ministère stratégique, était jusqu’alors considéré comme un proche collaborateur du président Miguel Diaz-Canel.

L’acte d’accusation, d’une rare sévérité, énumère une longue liste de délits présumés, allant du détournement de fonds au blanchiment d’argent en passant par la falsification de documents officiels. Les autorités judiciaires réclament des peines d’emprisonnement, sans toutefois préciser la nature exacte des préjudices économiques ni l’identité des autres personnes mises en cause.

L’absence totale d’informations officielles concernant le sort réservé à l’ancien ministre depuis son éviction brutale avait alimenté toutes les spéculations. Cette mise à l’écart soudaine intervient dans un contexte économique national particulièrement difficile, marqué par une inflation galopante et des réformes structurelles complexes.

L’affaire Gil n’est pas sans rappeler d’autres disgrâces retentissantes qui ont ponctué l’histoire récente du régime cubain. Des figures politiques de premier plan ont déjà connu des chutes similaires, souvent entourées du même silence institutionnel. Certains observateurs y voient un message adressé aux élites dirigeantes, dans un climat de tensions internes.

La fille de l’ancien ministre a publiquement pris sa défense sur les réseaux sociaux, exigeant un procès public et transparent. Elle affirme que son père rejette catégoriquement toutes les accusations portées contre lui et réclame la divulgation des preuves avancées par l’accusation.

Cette affaire met en lumière les mécanismes de contrôle au sein de l’appareil d’État cubain, où les procédures judiciaires restent souvent opaques. L’accusation d’espionnage, crime particulièrement grave dans la législation cubaine, pourrait permettre au pouvoir de maintenir le secret sur certains aspects de cette affaire sensible.

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