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L’Amazonie urbaine face au dérèglement climatique

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Alors que la conférence sur le climat se tient à Belém, les habitants des quartiers précaires subissent de plein fouet les effets du réchauffement, dans un dénuement qui contraste avec les discussions internationales.

Dans le quartier de Vila da Barca, construit sur pilotis au-dessus des eaux du Guama, une mère et sa fille cherchent un semblant de fraîcheur dans une bassine d’eau. L’atmosphère y devient étouffante dès les premières heures de la journée, un phénomène que les résidents attribuent aux changements climatiques. Rosineide Santos, artisanale de 56 ans, observe que les températures se sont notablement accrues depuis son installation il y a deux décennies dans cette communauté où vivent environ sept mille personnes.

Cette zone d’habitation précaire se situe à proximité immédiate du centre-ville de Belém et de certains secteurs résidentiels aisés, à quelques kilomètres seulement du lieu où se déroulent les négociations climatiques internationales. Le contraste est saisissant entre les débats sur la préservation de la forêt amazonienne et la réalité des populations urbaines défavorisées. Gerson Bruno, représentant des habitants, souligne que les discussions officielles ignorent trop souvent l’impact de la crise climatique sur les territoires les plus vulnérables.

Les statistiques officielles indiquent que plus des trois quarts des vingt-sept millions d’habitants de l’Amazonie brésilienne résident en zone urbaine. À Belém, la majorité de la population vit dans des conditions précaires, avec un accès limité aux services essentiels. L’absence d’infrastructures adaptées amplifie les conséquences du réchauffement, particulièrement en matière d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

Des avancées ont néanmoins été obtenues récemment grâce à la mobilisation des résidents. Après avoir alerté l’opinion publique, la communauté a pu négocier avec les autorités l’installation de réseaux d’égouts et l’amélioration de la distribution d’eau courante. Jusqu’à il y a peu, de nombreuses familles devaient encore acheter de l’eau en bidons pour leurs besoins quotidiens.

Les données scientifiques confirment une augmentation moyenne des températures maximales de près de deux degrés Celsius depuis 1970 dans la région de Belém. Cette évolution accentue la vulnérabilité aux épisodes de chaleur extrême et exerce une pression supplémentaire sur des infrastructures déjà fragiles. Paradoxalement, la métropole compte parmi les moins arborées du Brésil, alors qu’elle est entourée par la plus vaste forêt tropicale de la planète.

Les autorités locales reconnaissent la nécessité de renforcer les investissements dans les zones urbaines amazoniennes. Pour Elizabeth Campos Serra, retraitée de 67 ans, la solution résiderait dans un relogement sur la terre ferme. Son vœu reflète l’aspiration de nombreux habitants de Vila da Barca à une existence moins précaire, dans un environnement où les effets du changement climatique se font chaque jour plus pressants.

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