Monde
L’Afghanistan sous le feu pakistanais, Kaboul endeuillée
Les frappes aériennes du Pakistan ont une nouvelle fois frappé la capitale afghane et d’autres régions, causant des pertes civiles et des destructions, dans un contexte d’escalade militaire persistante entre les deux voisins.
Des bombardements aériens attribués au Pakistan ont touché plusieurs provinces afghanes dans la nuit de jeudi à vendredi. À Kaboul, l’impact d’un projectile a détruit une habitation et endommagé une dizaine d’autres dans le district est de la ville, selon les autorités locales. Le bilan provisoire fait état de quatre personnes tuées et d’une quinzaine blessées, dont des femmes et des enfants. Les forces de l’ordre ont rapidement sécurisé le périmètre, où des habitants en état de choc erraient parmi les décombres.
Les frappes ont également visé la province méridionale de Kandahar, siège de la direction talibane. Un dépôt de carburant appartenant à une compagnie aérienne civile, qui approvisionne également les appareils des Nations unies, a été touché à proximité de l’aéroport. Dans l’est du pays, la province de Nangarhar a été survolée par des avions militaires, déclenchant une riposte de la défense antiaérienne afghane.
Islamabad a confirmé avoir mené des opérations nocturnes sur le territoire afghan, les présentant comme des frappes ciblées contre des positions du Mouvement des talibans pakistanais. Les autorités pakistanaises affirment que ces actions sont menées avec précision pour éviter les victimes civiles. Cette affirmation est contestée par Kaboul, qui dénonce une agression contre des populations et des infrastructures non militaires.
Ces événements s’inscrivent dans une période de fortes tensions bilatérales. Islamabad accuse depuis des mois le gouvernement afghan d’héberger sur son sol des groupes militants responsables d’attaques au Pakistan. Après une relative accalmie à la suite de médiations fin 2025, les hostilités ont repris avec intensité fin février dernier, chaque camp imputant à l’autre la responsabilité de l’offensive.
La recrudescence des combats dans les zones frontalières a des conséquences humanitaires significatives. Selon des agences onusiennes, plusieurs dizaines de civils afghans, dont de nombreux enfants, ont perdu la vie depuis fin février. Par ailleurs, des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers. Un centre de transit frontalier géré par une organisation internationale a également subi des dommages importants.
La situation reste extrêmement tendue, avec des échanges de tirs réguliers le long de la frontière commune. Les déclarations des deux capitales reflètent une profonde défiance, chaque partie justifiant ses actions par la nécessité de répondre aux provocations de l’autre, sans qu’aucune perspective de désescalade diplomatique ne semble émerger pour l’instant.
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