Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’affaire Mandelson-Epstein plonge Starmer dans la tourmente parlementaire

Article

le

_**Le Premier ministre britannique est sommé de s’expliquer devant les députés sur la nomination controversée de l’ancien ministre, aujourd’hui visé par une enquête criminelle et exclu de son parti.**_

Keir Starmer affronte une séance parlementaire particulièrement délicate ce mercredi. Le chef du gouvernement devra justifier sa décision de confier l’ambassade britannique à Washington à Peter Mandelson, une personnalité dont les liens avec le financier Jeffrey Epstein font désormais l’objet d’une enquête pénale. L’opposition conservatrice exige la publication intégrale des documents relatifs à cette nomination et aux circonstances du rappel précipité du diplomate, intervenu au bout de sept mois seulement.

L’exécutif a indiqué sa volonté de communiquer certains éléments, tout en se réservant le droit de protéger les informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale ou aux relations internationales. Les parlementaires pourraient être amenés à se prononcer sur l’étendue de cette transparence, dans un climat politique déjà tendu par l’impopularité du Premier ministre. Cette affaire suscite également des remous au sein même du Parti travailliste.

Peter Mandelson, figure historique du New Labour et ancien commissaire européen, avait jusqu’ici toujours su se relever de ses revers politiques. Sa longévité dans les cercles du pouvoir semble aujourd’hui sérieusement compromise. Des documents judiciaires américains récemment divulgués laissent entendre qu’il aurait transmis à Epstein des informations sensibles pouvant influencer les marchés financiers lors de son passage au ministère du Commerce, entre 2008 et 2010. Ces nouvelles allégations ont conduit les autorités londoniennes à ouvrir une enquête criminelle à son encontre.

L’ancien ministre a quitté le Parti travailliste dimanche dernier avant de se retirer de la Chambre des Lords mercredi. Il se refuse à tout commentaire sur les dernières révélations. Il avait précédemment déclaré n’avoir aucun souvenir de transferts d’argent provenant d’Epstein au milieu des années 2000, tels que mentionnés dans des relevés bancaires. Il affirmait également ignorer l’identité de la femme apparaissant à ses côtés sur une photographie privée publiée dans le cadre de l’enquête.

En janvier, lors d’une interview, Peter Mandelson avait présenté ses excuses aux victimes d’Epstein, reconnaissant une erreur de jugement pour avoir maintenu une relation avec l’homme d’affaires après sa condamnation en Floride en 2008. Il avait auparavant expliqué que son homosexualité l’aurait tenu à l’écart des activités criminelles du financier. Sa révocation du poste d’ambassadeur était intervenue suite à la divulgation d’une lettre dans laquelle il qualifiait Epstein de « meilleur ami ».

Le gouvernement avait alors assuré que l’ampleur des relations entre les deux hommes n’était pas connue au moment de la nomination. Une affirmation que l’opposition conteste avec force, accusant l’exécutif de chercher à étouffer l’affaire. La pression monte désormais sur Keir Starmer pour qu’il apporte des preuves tangibles de sa version des faits, sous peine de voir sa crédibilité durablement entamée.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus