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L’affaire Epstein au cœur d’une confrontation politique à Washington

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Les élus démocrates ont vivement critiqué la gestion du dossier par le ministère de la Justice, l’accusant d’obéir aux injonctions de l’ancien président. La publication de millions de pages de documents continue de susciter des tensions.

Lors d’une audition parlementaire tendue, des membres démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants ont formulé de sévères reproches à l’encontre de la ministre de la Justice, Pam Bondi. Ils estiment que son administration a entravé la pleine révélation des éléments entourant l’affaire Jeffrey Epstein, transformant selon eux l’institution en un outil au service des intérêts personnels de Donald Trump. Cette séquence intervient après la diffusion, fin janvier, d’une volumineuse collection de pièces issues de l’enquête concernant le financier décédé en détention.

Le représentant Jamie Raskin, figure démocrate de la commission, a directement imputé à la ministre la responsabilité d’un « étouffement massif » de l’affaire, lui reprochant par ailleurs un manque d’attention envers les victimes, dont certaines assistaient à l’audience. Les critiques se sont principalement concentrées sur le caviardage systématique des noms de potentiels complices du criminel sexuel, une pratique contraire aux dispositions législatives récemment adoptées pour garantir une transparence totale. Les parlementaires ont également dénoncé la divulgation accidentelle, lors de la première publication, d’informations personnelles concernant certaines victimes.

En réponse, Pam Bondi a défendu le travail de ses services, soulignant les contraintes de délais imposées par la loi. Elle a assuré que toute erreur de rédaction serait corrigée, promettant de révéler les noms indûment occultés et de protéger ceux qui auraient dû rester confidentiels. Face à une demande publique de s’excuser auprès des victimes présentes pour la fuite de leurs données, la ministre a refusé, qualifiant la proposition de manœuvre théâtrale.

Les échanges ont aussi porté sur les implications politiques du dossier. Les démocrates ont questionné la ministre sur des poursuites judiciaires engagées contre des personnalités publiquement critiquées par l’ancien président, des procédures dont plusieurs ont été annulées par les tribunaux. Jamie Raskin a résumé cette accusation en affirmant que le département agissait désormais comme un « instrument de vengeance », exécutant les requêtes de Donald Trump sans discernement.

Parallèlement, les documents publiés ont ravivé les interrogations sur les relations passées entre l’ancien président et Jeffrey Epstein. Une transcription d’entretien avec un ancien responsable policier de Floride, incluse dans la dernière fournée, rapporte que Donald Trump aurait, en 2006, salué l’arrestation du financier en déclarant que « tout le monde savait » ce qu’il faisait. Cette mention, bien que ne constituant pas une preuve de culpabilité, alimente le débat public sur la chronologie et la nature de leurs liens, que l’ancien président affirme avoir rompus bien avant les premières enquêtes.

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