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L’Ademe en première ligne face aux friches industrielles toxiques

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Des milliers de sites abandonnés représentent une menace silencieuse pour les sols et les nappes phréatiques. L’agence publique intervient lorsque les responsables ont disparu.

Au cœur de la Normandie, une équipe spécialisée s’affaire dans les décombres d’une ancienne usine de traitement de fûts chimiques. Vêtus de combinaisons de protection, les ouvriers évacuent méthodiquement des tonnes de boues saturées en hydrocarbures, sous la supervision de l’Ademe. Ce site, laissé à l’abandon depuis la faillite de son exploitant en 2013, illustre un défi environnemental croissant celui des friches industrielles sans repreneur ni responsable financier.

Sur près de huit hectares, des cuves rouillées, des conteneurs éventrés et des bassins de décantation abandonnés témoignent de l’urgence de l’intervention. Les analyses ont révélé une contamination multiple hydrocarbures, acides, amiante menaçant directement les eaux souterraines et les sols alentour. Les opérations, qui s’étaleront jusqu’en 2028, nécessitent des précautions extrêmes en raison de la toxicité des résidus et de la vétusté des installations.

Le chantier actuel, particulièrement complexe, consiste à décontaminer les sous-sols d’un bâtiment où se sont accumulées des boues compactées sur plusieurs centimètres d’épaisseur. Dans des espaces confinés, les équipes procèdent manuellement, alternant entre outils pneumatiques et aspiration des matières polluées. À l’extérieur, des engins démantèlent des structures métalliques trop dégradées pour être réhabilitées.

Ce type d’intervention représente un coût considérable près de quatre millions d’euros pour ce seul site. L’Ademe gère une trentaine de dossiers similaires chaque année, avec des chantiers pouvant durer plus d’une décennie. La complexité juridique et technique de ces opérations explique leur longueur les polluants varient selon les anciennes activités industrielles, et les solutions doivent être adaptées à chaque configuration.

Au-delà du traitement des pollutions existantes, ces missions visent surtout à prévenir des contaminations futures. Les eaux pluviales lessivant les sols pollués, l’effondrement de structures ou la dispersion de poussières toxiques figurent parmi les risques prioritaires. Si les travaux ne permettent pas toujours une dépollution totale, ils réduisent significativement les menaces pour les écosystèmes et les populations riveraines.

Cette action discrète mais essentielle souligne l’importance d’un dispositif public face aux défaillances privées. Avec plusieurs milliers de sites recensés en France, le sujet reste un enjeu majeur de santé environnementale pour les années à venir.

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