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La vigne conquiert le nord de l’Allemagne sous l’effet du réchauffement

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Le dérèglement climatique modifie en profondeur les traditions viticoles allemandes, déplaçant les récoltes et favorisant l’émergence de nouveaux terroirs septentrionaux, non sans défis.

Le paysage viticole allemand connaît une transformation remarquable. Dans la région de Werder, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Berlin, les vignobles s’épanouissent désormais sur des terres autrefois considérées comme trop froides pour la culture de la vigne. Les vendanges, qui s’effectuaient traditionnellement début octobre, démarrent maintenant dès le mois de septembre, témoignant d’une évolution climatique tangible.

Cette renaissance viticole dans le nord du pays s’inscrit dans un mouvement plus large. Après une disparition au XIXe siècle due aux gelées et aux contraintes économiques, la vigne a retrouvé sa place grâce à une hausse des températures moyennes. Des exploitations pionnières se sont développées, notamment en Basse-Saxe, où l’autorisation de planter sur de nouvelles surfaces a dynamisé le secteur. Les viticulteurs locaux estiment bénéficier désormais de conditions thermiques propices, avec un ensoleillement accru permettant même le développement de vins rouges de qualité.

Cependant, cette opportunité s’accompagne de nouveaux aléas. Les viticulteurs font face à une recrudescence de phénomènes extrêmes, tels que la sécheresse, qui impose l’installation de systèmes d’irrigation, ou les gelées tardives et les épisodes de grêle. Les maladies de la vigne, comme le mildiou ou l’esca, progressent également sous l’effet de printemps humides et d’étés chauds. Pour y répondre, certains domaines introduisent des cépages résistants aux champignons, représentant déjà une part significative des plantations dans certaines exploitations.

Au-delà des défis climatiques et sanitaires, la viticulture du nord de l’Allemagne doit composer avec des difficultés économiques structurelles. La concurrence des vins étrangers à bas prix, notamment français, pèse sur la commercialisation des productions locales. Malgré la qualité reconnue de leurs vins légers et fruités, les vignerons peinent à valoriser leur travail face à des consommateurs sensibles au rapport qualité-prix. Cette réalité économique, ajoutée à la complexité croissante du métier, rend incertaine la transmission de certaines exploitations, illustrant les limites d’une expansion pourtant portée par le changement climatique.

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