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La Turquie durcit sa législation contre les personnes LGBT+

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Un projet de réforme du code pénal suscite l’inquiétude au sein de la communauté, tandis que les espaces d’expression se réduisent comme peau de chagrin dans le pays.

Devant son miroir, une artiste drag se prépare pour sa performance dans un club stambouliote. Le maquillage appliqué avec précision ne parvient pas à masquer l’appréhension. Comme de nombreux membres de la communauté LGBT+, elle redoute l’adoption prochaine d’un texte législatif qui criminaliserait les comportements considérés comme incompatibles avec le sexe biologique et les bonnes mœurs. Ce projet, porté par la majorité au pouvoir, prévoit des peines d’emprisonnement pouvant atteindre trois ans.

Le dispositif législatif en cours d’examen entend également relever l’âge minimal pour accéder aux opérations de transition de genre. Ces restrictions s’inscrivent dans un contexte où les discours officiels qualifient régulièrement les orientations sexuelles et identités de genre minoritaires de déviance idéologique importée. Les associations de défense des droits humains dénoncent une instrumentalisation politique des questions familiales et démographiques.

La vie nocturne LGBT+, autrefois florissante dans certains quartiers d’Istanbul, subit de plein fouet cette évolution. Plusieurs établissements ont fermé leurs portes après des interventions des forces de l’ordre. Les rassemblements publics font l’objet d’interdictions systématiques, tandis que les militants observent une réduction progressive des espaces de sociabilité disponibles.

Pour les personnes concernées, cette situation crée un sentiment croissant de précarité. Certaines envisagent l’exil, constatant le départ de nombreux amis ayant choisi de quitter le territoire national. La peur des représailles judiciaires s’ajoute aux difficultés sociales déjà existantes, dans un pays où l’homosexualité, bien que légale depuis l’époque ottomane, reste largement stigmatisée.

Les organisations non gouvernementales spécialisées dans l’accompagnement psychologique et médical alertent sur les conséquences humaines de ce durcissement. Elles pointent du doigt la dimension symbolique d’une législation qui institutionnaliserait la discrimination, au-delà des seules restrictions pratiques. Le débat dépasse ainsi la simple question pénale pour toucher à la place des minorités dans l’espace public turc.

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